Suisse: 4e moniteur sur la coopération au développement
Berne,
(APIC) Généreuse, mais avec une tendance marquée à l’autosatisfaction et au repli sur soi, telle est l’image de la Suisse qu’offre le dernier sondage sur la coopération. Les trois quarts des 1’200 personnes sondées souhaitent maintenir ou augmenter l’aide au développement. Mais dans le même temps, les Suisses surestiment très largement leur générosité, tant au niveau de l’aide publique, que des dons privés.
Le 4e moniteur de la coopération, réalisé par l’Institut de recherche GFS pour le compte de la Direction du développement et de la coopération (DDC) et de la Communauté de travail des oeuvres suisses d’entraide a été présenté à la presse jeudi à Berne. Il confirme dans l’ensemble les tendances enregistrées depuis dix ans avec peut-être une crainte plus marquée face au processus de la globalisation.
Si l’image de l’aide suisse au développement est globalement assez largement positive, quelques indices sont sources d’inquiétude, relève Anne-Marie Holenstein, présidente de la Communauté de travail Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas. Ainsi près de 80% des personnes sondées estiment qu’une partie de l’aide au tiers monde devrait ou pourrait être réorientée en faveur des pauvres en Suisse. Alors que les déépenses sociales du pays sont 80 fois plus élevées que celles de l’aide au développement… L’attitude populiste d’une certaine classe politique est ici sans aucun doute en cause.
« Il nous reste à démontrer aux Suisses que la coopération au développement sert les intérêts de notre propre pays », commente Walter Fust, chef de la Direction fédérale du développement et de la coopération (DDC).
Plus de la moitié des Suisses estiment néanmoins qu’ils peuvent contribuer à améliorer la situation dans les pays en développement par un mode de vie plus simple ou par un soutien financier. Ce résultat prouve qu’une majorité des citoyens ont compris les relations entre économie mondiale, pauvreté et problèmes d’environnement.
Quant aux éléments pour développer la politique suisse d’aide au développement, quatre sondés sur cinq seraient favorables à une interdiction d’exportation d’armes. Trois sur quatre pensent à une entraide judiciaire accrue en vue de restituer aux pays d’origine les fonds d’origine douteuse. Deux sr trois enfin sont acquis à l’idée de favoriser l’importation de produits agricoles du tiers monde.
Image négative des pays en développement
Le sondage démontre cependant qu’une connotation négative reste fortement attachée à la notion de pays en développement, déplore Walter Fust. La population associe nettement trop vite pauvreté avec violations des droits de l’homme, dictature, corruption ou absence de volonté des gouvernants à vouloir faire changer les choses. Les efforts accomplis pour faire connaître les aspects positifs des pays en développement, comme l’esprit d’initiative, l’inventivité, le sens communautaire n’ont pas encore porté leurs fruits.
Les questions sur la globalisation permettent de constater que les Suisses ont compris que la mondialisation profite surtout aux riches et lèse les pauvres au Nord comme au Sud. Plus de la moitié des sondés admettent que les pays en développement sont exploités par les pays industrialisés. La crainte d’un chômage massif, la menace de la pauvreté croissante sont en outre très présents dans les esprits.
Pour les œuvres d’entraide, les résultats de ce sondage devrait contribuer à la mise sur pied de majorités politiques désireuses d’accroître modérément l’aide au développement. Il est grand temps en effet que le Conseil fédéral tienne son ancienne promesse d’affecter le 0,4% du produit national brut à l’aide au développement, relève Anne-Marie Holenstein. Même si cet objectif était atteint, la Suisse continuerait de dépenser moins de la moitié de ce que la population pense qu’elle donne. (apic/mp)
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