Appel des ONG à la veille du sommet de Rio
Bruxelles, 23 juin 1999 (APIC) A l’approche du premier sommet qui réunira les 28 et 29 juin à Rio, au Brésil, les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats de l’Union Européenne, d’Amérique latine et des Caraïbes, des réseaux représentant un bon millier d’Organisations non gouvernementales (ONG) ont lancé depuis Bruxelles un appel à des engagements concrets en faveur d’un « développement humain ». En d’autres termes, passer du « blabla » coutumier à des actes concrets et tangibles.
Les ONG attendent d’abord des chefs des Etats et des gouvernements concernés qu’ils assurent la participation de la société civile dans les forums internationaux ainsi que dans la gestion des programmes de coopération. Elles leur demandent aussi d’établir des mécanismes permettant d’annuler ou de réduire de manière significative la dette extérieure des pays en développement, et parallèlement de construire une nouvelle architecture financière internationale, qui prenne en compte leur fragilité particulière. Les Etats latino-américains, des Caraïbes et de l’Union européenne pourraient faire entendre leur voix en ce sens au sein des institutions financières internationales, insistent les ONG.
Les accords de coopération ont des effets concrets, pas toujours voulus, sur les secteurs marginalisés des populations locales. Ces effets mériteraient d’être analysés, remarquent en troisième lieu les ONG, qui plaident pour que, dans les accords de coopération, une place importante soit réservée « aux objectifs du développement durable, de la démocratie et des droits de l’homme ». Les ONG demandent d’ailleurs à être consultées régulièrement sur la mise en oeuvre effective de la clause relative aux respect des droits de l’homme dans ces accords.
Une quatrième revendication des ONG est que le développement humain devienne « un élément central de la Convention de Lomé » en cours de négociation. Quant à la politique de coopération au développement de l’Union Européenne, estiment les ONG, elle devrait être améliorée pour constituer « un exemple de solidarité et de partenariat véritable » entre le Nord et le Sud.
Enfin, les ONG attendent des participants du Sommet de Rio qu’ils s’engagent à signer puis à ratifier rapidement le statut du Tribunal pénal international et à adopter la législation interne nécessaire à sa mise en place effective.
Cet appel a été signé par des organisations des deux continents engagées dans la défense des droits humains et la promotion du développement. Il sera remis officiellement aux chefs d’Etat et de gouvernement avec la liste des signataires.
Le Sommet de Rio doit définir les grandes orientations des relations entre l’Union Européenne, l’Amérique latine et les Caraïbes dans les domaines politique et économique ainsi qu’en matière de coopération. Il devrait se conclure par l’adoption d’une Déclaration politique et d’un plan d’action établissant l’agenda de la coopération pour les années à venir.
Bien que reconnaissant le rôle fondamental de la société civile dans leurs déclarations, les Etats ont refusé que les ONG soient présentes à Rio de Janeiro en qualité d’observateurs. Les ONG attendent des Etats qu’ils intègrent les revendications non-gouvernementales dans les conclusions qu’ils adopteront à l’issue du Sommet. « Il faut passer des bonnes paroles aux engagements concrets », souligne notamment le Comité de liaison des ON de développement auprès de l’Union Européenne. (apic/cip/pr)
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