«Il n'est pas possible de mener une vie paroissiale normale pendant le WEF»

Quelque 3000 représentants du monde politique, économique et scientifique – avec parmi eux le représentant du Vatican, Mgr Peter Turkson – participent au 56e Forum économique mondial (WEF) de Davos, du 19 au 23 janvier 2026. Une présence qui chamboule le quotidien des habitants de la célèbre station de ski, et bien sûr celui de sa paroisse catholique.

avec Wolfgang Holz, de kath.ch, envoyé spécial à Davos

L’ordre du jour est chargé: conflit autour du Groenland, avenir des relations transatlantiques, guerre en Ukraine, crise iranienne. Et placé, avec espérance, Sous le signe du dialogue, selon la devise du Forum.

Si le président américain Donald Trump monopolise l’attention générale, la présence du cardinal Peter Turkson, représentant officiel du Vatican, se fait remarquer parmi les catholiques de la station valaisanne. C’est la 6e année consécutive qu’il participe au Forum.

Âgé de 77 ans, originaire du Ghana, le cardinal Turkson a dirigé le dicastère pour le développement humain intégral de 2017 à 2021. Il est depuis 2022 chancelier de l’Académie pontificale des sciences. Il sera accompagné dans ses déplacements par l’abbé Kurt Susak, de la paroisse catholique de Davos, qui participe au WEF depuis une quinzaine d’année. Mgr Peter Turkson célébrera le traditionnel office religieux du WEF à l’église Sainte-Marie de Davos, le 22 janvier 2026.

Prières et silence pour la justice et la paix

D’autres événements d’ordre spirituel sont proposés durant le WEF. Une prière de Taizé aura lieu le vendredi 23 janvier, à 19 heures, tandis qu’une célébration liturgique s’est déroulée le 19 janvier à l’église réformée St-Johann, guidée par cette question: «Quand est-ce que ce sera assez?» «À côté du WEF bruyant, nous voulons explorer cette question calmement et avec force, et nous arrêter pour écouter et chercher des réponses possibles», a expliqué à kath.ch Marietta Zürcher, du groupe de travail des Églises chrétiennes à Davos.

Des moments œcuméniques de silence et de prière à la lueur des bougies sont en outre organisés dans cette même église, «pour la justice et la paix» (voir encadré). «Ce désir d’un monde plus sain anime de nombreuses personnes, dont les membres de nos communautés chrétiennes, souligne Marietta Zürcher. Nous souhaitons créer un espace pour présenter ces espoirs à Dieu pendant le Forum.»

«Tout est désormais bien rodé»

L’abbé Kurt Susak explique, pour sa part, à quel point le Forum transforme la vie quotidienne de la paroisse. «Le presbytère et le centre paroissial sont situés dans une zone qui fait l’objet d’une attention particulière en termes d’organisation et de sécurité pendant le WEF. Les accès, les possibilités de stationnement et les procédures doivent être adaptés. Il n’est donc pas possible de mener une vie paroissiale normale pendant le WEF», notamment en ce qui concerne les funérailles et les services religieux habituels. Le prêtre rappelle aussi que des messes supplémentaires sont organisées pour les participants au WEF, sans oublier la messe pontificale du cardinal.

Enfin, une partie des locaux de l’église est louée pendant les semaines du WEF. «Chaque jour, environ 600 employés du WEF viennent manger chez nous. Tout cela implique un effort de coordination supplémentaire et exige de la flexibilité.» «Mais tout est désormais bien rodé», assure-t-il.

L’abbé Kurt Susak et le cardinal Reinhard Marx à Davos | DR

Des invités de marque

Pour Kurt Susak, ces semaines ne sont pas seulement intenses sur le plan logistique, mais aussi en termes de rencontres personnelles. «Au WEF, certaines personnes recherchent clairement la spiritualité et la religion. Des invités de marque participent également à des offices religieux. (…) Je me souviens notamment de la visite du secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, et celle du cardinal Reinhard Marx. Tout comme le cardinal Peter Turkson, cette année encore, ils ont tous séjourné au presbytère.»

Parmi les autres rencontres qui l’ont marqué, il cite celles avec Bill Clinton, Angela Merkel et des conseillers fédéraux suisses. «La gravité avec laquelle les défis mondiaux sont discutés est sous-estimée par certains, tout comme le fossé entre le monde des salles de conférence et celui du quotidien des gens, remarque-t-il. C’est pourquoi mes meilleurs souvenirs sont toujours liés aux rencontres en coulisses.» (cath.ch/kath.ch/wh/lb)

Le Label Œcumenica pour le projet «Faire silence et prier»
Depuis 1999, une veillée œcuménique de prière est organisée tous les jours dans l’église St-Johann de Davos, durant le Forum économique mondial (WEF). Cette action des Églises chrétiennes avait reçu le 22 janvier 2018 le Label Œcumenica de la Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse (CTEC).
Le projet des Églises de Davos se déroule dans l’esprit des grands rassemblements œcuméniques européens «Justice, Paix, Sauvegarde de la Création» et de la Charte œcuménique signée par les Églises suisses en 2005, avait noté alors la CTEC.
Le Label Œcumenica a été créé en 2008 par la CTEC pour honorer des projets menés en commun par au moins trois Églises dans l’esprit de la Charte œcuménique. Il a été remis par à 13 projets et initiatives exemplaires, mais n’est plus attribué depuis 2019. LB

Lucienne Bittar

Portail catholique suisse

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