Eduardo Agbayani a été exécuté quelques minutes trop tôt
Manille, 29 juin 1999 (APIC) Eduardo Agbayani, 50 ans, a été exécuté vendredi 25 juin aux Philippines, à 15h11, quelques minutes avant l’arrivée de l’ordre présidentiel de le gracier. Mise en scène soigneusement préparée ou mauvaise coordination, cela à l’heure où la communication circule à la vitesse de la lumière?
Les circonstances qui entourent cette nouvelle exécution capitale pourraient bien donner de nouveaux arguments aux adversaires de la peine de mort, aux Etats-Unis ou ailleurs dans le monde, à l’heure où des voix se font de plus entendre et où des campagnes sont menées tambour battant au niveau de la planète.
Vers trois heures, témoigne aujourd’hui l’avocat de Agbayani, les rideaux de la chambre de la mort ont été ouverts et quelques minutes plus tard nous avons vu quelqu’un sortir de la chambre en courant. A ce moment-là une porte s’est ouverte et nous avons entendu quelqu’un crier: «Attendez, attendez». Mais c’était trop tard. Il était déjà mort.
Après cette «erreur», les avocats du condamné, qui font partie du «Flag», un mouvement qui défend les droits de l’homme et apporte une aide légale aux familles pauvres, ont demandé «un moratoire pour toutes les exécutions».
Les filles de Agbayani avaient été confiées aux soins de Soeur Perpinan, une religieuses du Bon Pasteur qui s’occupe des jeunes victimes de viols. «Elles ont pardonné à leur père, et ce dernier leur a demandé pardon», raconte Soeur Perpinan. La religieuse avait elle aussi écrit au président Estrada en demandant de gracier Agbayani.
Quelques heures avant l’exécution, la religieuse a tenté de se mettre en contact avec le nouveau nonce apostolique à Manille pour demander son intervention au pape. Les deux filles de Agbayani ont déclaré à la presse avant l’exécution : «Notre père a commis beaucoup de fautes graves mais ne nous voulons pas voir notre vie dévastée par une autre souffrance. Il a suffisamment souffert. Nous voulons qu’il revienne avec nous pour que nous soyons de nouveau une famille».
L’évêque de Bacani avait réussi à entrer en contact avec le président qui avait accepté de gracier le condamné. Dix minutes après la mort de Agbayani, il a appelé l’évêque pour lui annoncer avoir téléphoné pour demander d’annuler l’exécution. Mais qu’il était arrivé trop tard. «J’espère qu’un tel problème de communication ne se renouvellera jamais plus», a simplement commenté l’évêque. (apic/zenit/pr)
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