Une coalition coréenne s’oppose au développement du nucléaire civil dans le pays

Le gouvernement coréen a annoncé, le 21 janvier 2026, son intention de construire deux nouvelles centrales nucléaires. Une coalition d’associations de la société civile, d’ONG et de groupes issus de communautés religieuses, notamment chrétiennes, demandent l’abandon immédiat du projet.

Le ministre coréen du Climat Kim Sung-whan a annoncé que son gouvernement allait construire deux centrales nucléaires d’ici 2038, afin d’augmenter l’offre nationale d’électricité et de réduire les émissions de carbone. La société publique Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP) doit lancer un appel d’offres pour identifier les sites où installer les nouveaux réacteurs.

Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, la Corée du Sud compte déjà 26 réacteurs nucléaires en activité, fournissant 31,7 % de la production électrique du pays (chiffres de 2024). Elles se trouvent toutes sur la côte est du pays.

Des promesses non tenues

Contrairement à son prédécesseur Yoon Suk-yeol, désireux d’étendre la production d’énergie nucléaire, le nouveau président du pays Lee Jae-myung – qui a pris ses fonctions en 2025 – avait envisagé d’investir dans les énergies renouvelables. Or son gouvernement vient de se prononcer pour une reprise des investissements dans les centrales nucléaires.

Dans une déclaration publique, le réseau Action civique pour le désarmement nucléaire, composé de 43 groupes civils et religieux, demande au président de fournir personnellement des éclaircissements à propos de cette décision. Il demande aussi la démission du ministre Kim, qui «a négligé ses responsabilités en matière de sécurité nationale et de protection de l’environnement en encourageant la production d’énergie nucléaire».

«Action civique pour le désarmement nucléaire» s’inquiète notamment de l’augmentation des déchets radioactifs et de la concentration des centrales à l’est du pays. En cas d’accident simultané dans plusieurs réacteurs, l’évacuation de la population sera extrêmement difficile.

Le nucléaire militaire

En Corée, le débat publique sur le nucléaire civil ne peut être détaché de celui sur le nucléaire militaire. Le 11 janvier 2023, l’ancien président Yoon Suk-yeol avait indiquait que la Corée du Sud pourrait envisager de se doter de l’arme nucléaire «si les menaces nord-coréennes [devenaient] plus sérieuses». Une option qui, selon différentes études et sondages d’opinion, emporterait le soutien de l’opinion publique. (cath.ch/fides/lb)

Lucienne Bittar

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