La politicienne zurichoise Sanija Ameti, âgée aujourd’hui de 34 ans, avait provoqué une vague d’indignation début septembre 2024. Elle avait tiré une vingtaine de fois au pistolet à billes sur une image de la Vierge Marie et de l’enfant Jésus trouvée dans un catalogue de vente aux enchères, puis posté des images de sa performance sur les réseaux sociaux.
Traduite en justice suite à plusieurs plaintes déposées auprès du Ministère public du canton de Zurich pour atteinte à la liberté de croyance, elle a été reconnue coupable le 28 janvier 2026 et condamnée à une peine pécuniaire avec sursis de 60 jours-amende à 50 francs. L’accusée a refusé de s’exprimer durant l’audience.
Suite au scandale, Sanija Ameti avait par contre rapidement présenté des excuses à toutes les personnes qu’elle avait heurté, assurant ne pas avoir voulu blesser leurs sentiments religieux. «Il me fallait des motifs suffisamment visibles pour le tir à dix mètres. Je n’avais que ce catalogue sous la main, qui était suffisamment grand. Je n’ai pas fait attention au contenu. C’était inadéquat. Je suis sincèrement désolée si j’ai blessé quelqu’un!»
Victime d’attaques verbales haineuses (qui ont nécessité une protection policière), l’élue zurichoise, d’origine bosniaque et musulmane agnostique, a quitté en janvier 2025 le parti Vert’Libéral et a perdu son emploi dans l’agence de relations publiques Farner. Elle siège encore en tant que candidate libre au parlement communal de Zurich, mais ne se représentera pas aux élections du 8 mars. Elle a aussi annoncé se retirer ce printemps de la coprésidence du mouvement politique Operation Libero.
Durant les interrogatoires des enquêteurs, la jeune femme avait à nouveau déclaré ne pas s’être rendue compte que l’image représentait l’enfant Jésus et Marie. Une excuse qui n’a pas convaincu le procureur. Selon ce dernier, la politicienne avait prémédité son geste, dans un but de provocation.
Parmi les plaignants figurent Nicolas Rimoldi, président du mouvement antivax Mass-Voll, ainsi que le président des Jeunes UDC, Nils Fiechter, et son épouse. Pour cette dernière, les tirs de Sanija Ameti constituent «un appel à la violence contre les chrétiens».
L’argument a été balayé par l’avocat de la défense. Les plaignants abusent de cette procédure pour défendre leurs propres intérêts politiques, a-t-il argumenté, et faire avancer leur objectif de « remigration », à savoir le renvoi de Suisses d’origine étrangère. (cath.ch/ag/rts/lb)
Lucienne Bittar
Portail catholique suisse
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