Mieux faire entendre la voix des protestants

France: Le nouveau président de la Fédération protestante

Paris, 29 juin 1999 (APIC) Jean-Arnold de Clermont prendra ses nouvelles fonctions de président de la Fédération protestante de France (FPF) le 1er juillet 1999. Lors d’une rencontre avec les journalistes de l’information religieuse (AJIR), le pasteur a développé les principaux éléments de son programme. Il entend donner suite, avec prudence, à la demande d’élargissement de la FPF à de nouvelles Eglises et développer les liens avec les nombreuses associations liées au protestantisme français. Il tient par ailleurs à ce que la parole de la FPF soit davantage le fruit de mûrs débats au sein des Eglises qui la composent.

Le protestantisme français, de par son histoire, a des relations privilégiées avec les Eglises d’Afrique, relève Jean Arnold de Clermont. «J’aimerais que nous mettions à profit ces relations pour mieux faire entendre leur voix. Il nous faut par ailleurs prendre à bras le corps la question de l’élargissement de la FPF. Beaucoup de groupements évangéliques ainsi que les Adventistes frappent à notre porte. Que signifie ces demandes d’adhésion ?» Pour le nouveau président, la FPF peut s’ouvrir, mais en se tenant fermement à sa charte et à son histoire, et en faisant en sorte, par le travail théologique commun, de pouvoir faire entendre une voix publique. Ce qui compte, c’est le débat face à des questions de société et à l’écoute de l’Evangile. Du reste, les tensions existent autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des Eglises protestantes.

Autre point d’importance pour le pasteur de Clermont: près de 600 associations gravitent autour du protestantisme français avec lesquelles, il s’agit de développer davantage de liens. Enfin, concernant le dialogue interreligieux, il ne suffit pas d’y participer. Il serait bon que nous abordions le fond, plus que nous ne l’avons fait, souligne le nouveau président de la FPF.

La prochaine signature par les catholiques et les luthériens d’un texte commun sur la justification est un progrès œcuménique important. Jean Arnold de Clermont insiste pour une démarche œcuménique renforcée. «Je me réjouis que l’une et l’autre Eglise s’apprêtent à signer ce texte. Il est excellent en bien des points. Il faut savoir dire maintenant pourquoi ce texte est important et comment il représente une étape dans le dialogue oecuménique. Même si, de fait, l’oecuménisme se fait à la base, dans des relations quotidiennes au sein des paroisses et des mouvements. Il nous faut relancer la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens et chercher davantage la participation de nos frères et soeurs catholiques et orthodoxes à nos assemblées régionales.

Pas de triomphalisme-champagne pour l’an 2000

La célébration du Jubilé de l’an 2000 est une affaire surtout catholique. En l’état, les protestants n’ont qu’un programme vraiment minimum puisque limité à une célébration commune avec le Conseil des Eglises Chrétiennes en France (CECF), le 13 mai 2000, à Lyon. La FPF doit faire mieux, relève son nouveau président. «Certes, nous ne voulons pas entrer dans un certain triomphalisme-champagne de l’an 2000. Mais nous ne pouvons pas faire comme s’il n’était pas là et ne pas demander à nos Eglises ce que signifient pour elles deux millénaires de christianisme. Voyez, Bernard Pivot a récemment invité cinq spécialistes de Nostradamus à parler de ses prophéties pour l’an 2000. Voilà qui nous interpelle – car c’est assez consternant – et nous invite à parler.»

Après quinze ans d’expérience de participation au Conseil de la FPF, Jean Arnold Clermont souhaite aussi y développer le débat interne. «Je considère qu’il est dommage que cette instance prenne la parole sur tel ou tel sujet quand cette même parole n’est pas portée par un débat suffisamment large à l’intérieur du protestantisme. (apic/jcn/mp)

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