Genève: Signal d’alarme de l’Organisation Internationale du Travail
Genève, 4 mai 1999 (APIC) Le phénomène du travail des enfants n’est pas nouveau. Mais il est bien plus important qu’on ne l’imagine. Le dernier rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) révèle que leur nombre a doublé et que, malgré le chômage, les pays industrialisés pratiquent aussi l’exploitation des enfants.
Le document de l’OIT, «Le travail infantile: l’intolérable au centre de l’attention», est éloquent: «250 millions d’enfants âgés entre 5 et 14 ans travaillent dans les pays en voie de développement, presque le double des estimations précédentes». Il y a 120 millions d’enfants qui travaillent à temps plein et 130 millions à temps partiel. 61 % de ces enfants vivent en Asie, 32 % en Afrique et 7 % en Amérique Latine.
Ce n’est pas tout. «Il existe des preuves», précise ce rapport, «de l’existence du travail infantile dans les pays industrialisés également, notamment aux Etats-Unis, en Italie, au Portugal et au Royaume Uni. Le problème est également en train d’apparaître dans de nombreux pays d’Europe orientale et d’Asie qui sont en transition vers l’économie de marché».
Il y a encore des enfants qui sont vendus. Selon le rapport «il y a même des ’propriétaires’ qui achètent les enfants à leurs ’locataires’, ou des ’employeurs’ qui les paient d’avance à des familles de paysans pour les faire travailler dans le secteur textile, les fabriques de verre ou la prostitution». Cet esclavage des enfants a été dénoncé il y a longtemps même s’il est officiellement démenti aussi bien en Asie du sud et du sud-est qu’en Afrique occidentale.
De nouveaux métiers pour de nouvelles cruautés
Autre forme plus subtile mais bien réelle d’esclavage, le cas de sportifs comme Vincenzo, 10 ans, 110 centimètres et 30 kilos. Il vient d’être «acheté» à ses parents napolitains par un club de football de Turin pour la somme de 120 millions de lires (cent milles francs suisses). Pour être plus précis, le club en question a voulu se réserver le futur «campiossimo» qui jouera effectivement dans l’équipe piémontaise dès l’âge de quatorze ans. «Une aberration consentie par notre société», commente un ancien joueur de Servette, à Genève.
Dans le monde entier il y a des enfants qui travaillent dans le secteur agricole. Ils mélangent, répandent ou transportent des pesticides, des engrais, des herbicides qui sont souvent fortement toxiques et parfois cancérigènes. La main d’œuvre infantile est également utilisée dans les mines dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine.
Autre nouveauté cruelle révélée par l’étude de l’OIT: «nous avons appris que des enfants de trois ans travaillent dans des fabriques de phosphore. Dans une grande partie de l’Asie, il y a des enfants qui travaillent dans le secteur de la pêche en eau profonde ou «à bord de bateaux. Chaque année des dizaines d’entre eux meurent asphyxiés, dans des accidents de dépression ou de pressions atmosphériques très élevées, ou attaqués par des poissons».
«Un effort commun sera nécessaire dans les prochaines années pour éliminer complètement le travail des enfants mais il existe aujourd’hui des formes intolérables de travail infantile qu’il faut identifier et éliminer de toute urgence», a déclaré le directeur général de l’OIT. Michel Hansenne. (apic/zenit/ab)
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