Inde: L’Eglise Mar Thoma excommunie un prêtre indien, auteur d’un roman controversé
New Delhi, 5 mai 1999 (APIC) Samuel Nettiyadan, prêtre indien et auteur d’un ouvrage controversé sur la vie cachée de Jésus, a été excommunié par l’Eglise syrienne Mar Thoma. Cette Eglise compte un million de membres. On lui reproche « d’avoir dénigré le Christ » en particulier par la remise en question de l’Immaculée Conception.
« Les fidèles de l’Eglise ont été choqués par ce livre intitulé: « Joseph Enna Thachchan (Joseph le charpentier) ». Après l’avoir lu, je l’ai aussi ressenti comme une trahison de la foi », a déclaré le métropolite Alexander Mar Thomas, à Thiruvalla, dans l’Etat du Kerala en Inde. La décision du métropolite fait suite à celle, prise en février, de suspendre le prêtre de ses fonctions après les protestations des fidèles.
« Je n’ai jamais pensé que mon roman déclencherait un tel scandale dans l’Eglise ou embarrasserait celle-ci », a déclaré Samuel Nettiyadan. L’auteur a aussi admit que des prêtres progressistes l’avaient mis en garde, lorsqu’il leur avait parlé de son projet.
Récit trop imaginatif
Le roman de 176 pages, écrit en « malayalam » (langue principale du Kerala), a été publié en juillet dernier sous un pseudonyme. Dans son scénario, Samuel Nettiyadan imagine que Jésus est le fils d’un soldat romain qui avait « agressé » Marie. Apprenant que Marie attendait un enfant, Joseph prend pitié d’elle et l’épouse. Le roman donne un imaginaire de la vie du Christ entre 13 et 30 ans, présenté comme un homme aux « mœurs plutôt dissolues ».
Les membres de la Commission ont rencontré à deux reprises Samuel Nettiyadan. « Ce dernier ne s’est pas repenti », a précisé l’évêque Irenius. Il a simplement rappelé que son roman était un ouvrage de fiction. Or, selon l’Eglise Mar Thoma, le livre met en cause le fondement même de la foi chrétienne par le rôle de l’Esprit Saint dans l’incarnation du Christ.
Pour Samuel Nettiyadan, cette décision est injuste. « Ce livre qui n’est pas un traité sur la foi aurait pu être pris moins sérieusement », a-t-il rétorqué en qualifiant la punition infligée de dure et d’inattendue. Le prêtre-écrivain – il a exercé son ministère pendant 17 ans – s’attendait, au pire, à un transfert dans un autre lieu. Soulignant son désir de rester un membre de l’Eglise et de continuer à exercer son ministère, il a déclaré avoir déjà présenté par quatre fois des excuses au clergé depuis sa suspension en février.
Samuel Nettiyadan a déjà publié huit livres en malayalam, avant d’écrire l’ouvrage controversé. Excommunié, le prêtre a décidé de ne pas en rester là. Il a l’intention de promouvoir son ouvrage. 1’000 copies du livre, tiré à 2’000 exemplaires, ont déjà été vendues. En Inde, où la littérature de fiction est rare et chère, ce roman ne coûte que 70 roupies (2,50 francs suisses). (apic/eni/ab)
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