Jérusalem: Le patriarche latin et le mufti dénoncent les menaces contre la Maison de l’Orient
Jérusalem, 5 mai 199 (APIC) Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, et le mufti de la Ville sainte, Akrama Sabri, ont tous deux vivement condamné mardi soir les tentatives israéliennes de fermer la Maison de l’Orient, siège d’importantes organisations palestiniennes dans la partie occupée de la ville. De son côté, Faysal Husseini, ministre de l’Autorité palestinienne en charge du dossier de Jérusalem, a déclaré que la fermeture de l’Orient House « signifie la guerre ».
« Jérusalem est et reste pour les chrétiens et les musulmans une ville arabe », a déclaré mardi soir Mgr Sabbah, au cours d’une allocution à l’Orient House. Le mufti a déclaré de son côté que Jérusalem était en danger, « chrétiens et musulmans doivent prendre leurs responsabilités face à la menace des sionistes ». Des centaines de dignitaires arabes, membres du Conseil législatif palestinien, responsables d’organisations de défense des droits de l’homme, leaders religieux et visiteurs étrangers s’étaient rendus sur place pour apporter leur soutien à l’institution palestinienne. S’adressant à la foule, Faysal Husseini a été très explicite: si le gouvernement israélien met à exécution ses menaces de fermeture, « il poussera le peuple palestinien à la guerre ».
Il y a deux semaines, dans le cadre de la campagne électorale, dans le but de gagner des votes auprès des faucons israéliens, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a donné l’ordre de fermer trois bureaux de la Maison de l’Orient, sous prétexte qu’ils opèrent pour le compte de l’Autorité palestinienne, activités qu’Israël considère comme « illégales » à Jérusalem.
F. Husseini a déclaré qu’il n’a pas besoin de demander la permission d’Israël pour inviter qui que ce soit à l’Orient House. « C’est la maison du peuple palestinien, elle représente les ambitions du peuple. Elle a accueilli des empereurs et des chefs d’Etat bien avant qu’Israël n’existe, et Netanyahou ne peut pas venir et nous dire qui nous pouvons et qui nous ne pouvons pas recevoir. »
Fin mars, le gouvernement israélien a ordonné la fermeture du Bureau palestinien des Affaires chrétiennes à Jérusalem-Est, dirigé par Ibrahim Kandalaft, ainsi que les bureaux de l’agence de presse palestinienne WAFA et du Club des prisonniers palestiniens. Cette mesure – qualifiée d’ »électoraliste » par l’opposition travailliste – visant trois bureaux de l’Autorité palestinienne a été prise après une rencontre entre le Premier ministre Benjamin Netanyahou, le ministre des Affaires étrangères Ariel Sharon, le ministre de la Défense Moshe Arens et le ministre pour la Sécurité intérieure Avigdor Kahalani. (apic/jpost/kna/be)
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