Rapport de l’Observatoire International: Les Etats-Unis en cause

Handicap International: Non aux mines antipersonnel de l’OTAN

Bruxelles/Maputo, 4 mai 1999 (APIC) La publication du premier rapport annuel de l’Observatoire international des mines est saluée à Bruxelles comme «une initiative sans précédent» par Handicap International. Le rapport 1999, «Vers un monde sans mine», a été présenté le 3 mai aux représentants des gouvernements réunis à Maputo, au Mozambique, pour la première Conférence annuelle des Etats signataires de la Convention d’Ottawa. Cette organisation d’aide aux victimes des mines antipersonnel s’inquiète en revanche de l’emploi de ces mines au Kosovo.

L’Observatoire des Mines a été créé en 1998 à l’initiative de la Campagne internationale contre les mines, dont Handicap International est membre fondateur. Son rôle est de veiller à l’application de la Convention d’Ottawa «sur l’interdiction de l’emploi du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction».

Le rapport, qui rassemble des informations recueillies dans une centaine de pays, relève d’abord que trois pays africains, signataires de la Convention d’Ottawa adoptée en décembre 1997, continuent d’utiliser des mines antipersonnel. Il s’agit de l’Angola, de la Guinée-Bissau et du Sénégal, où le traité a même été ratifié en septembre 1998!

Des mines au Kosovo

L’Observatoire des mines porte aussi un oeil critique sur l’Europe. Depuis 1997, les gouvernements de Turquie et de Yougoslavie ont fait placer des mines antipersonnel dans le cadre de conflits locaux ou régionaux. Ailleurs, le Myanmar, Israël et le Sri Lanka sont dénoncés pour les mêmes raisons.

Handicap International reste stupéfait face à la position des Etats-Unis, qui se réservent le droit de placer des mines antipersonnel dans le cadre des opérations militaires au Kosovo. «L’OTAN doit prendre d’urgence une position claire», proteste l’organisation humanitaire, qui rappelle que deux membres de l’OTAN, les Etats-Unis et la Turquie, n’ont pas signé la Convention d’Ottawa.

Selon Handicap International, «les pays liés par la Convention ne devraient pas être placés dans une situation où ils doivent combattre aux côtés d’une force alliée qui emploie les mines antipersonnel». Or, il reste des stocks de mines américaines en Allemagne, en Grèce, en Italie, en Norvège, en Espagne et au Royaume-Uni, tous signataires du traité! Handicap International plaide donc pour une règle formelle: interdiction d’utiliser les mines antipersonnel dans les opérations communes aux forces de l’OTAN!

Un progrès depuis Ottawa

Fin avril, soit deux mois après son entrée en vigueur, la Convention d’Ottawa avait été signée par 135 pays et ratifiée par 77 d’entre eux. Pour Handicap International, il est surtout réjouissant de constater que les mines antipersonnel ont fait moins de victimes en Afghanistan, en Bosnie, au Cambodge, au Mozambique et en Somalie.

12 millions de mines entreposées dans 30 pays ont été détruites. Le nombre de pays producteurs de mines est descendu de 50 à 16 en quelques années. Huit des douze principaux producteurs de mines depuis 30 ans ont en effet signé et ratifié le traité. Sur les seize restants, la Chine reste en tête. Quant aux Etats-Unis, ils ont arrêté leur production, mais se réservent le droit de la reprendre.

Aucune exportation des mines n’a été enregistrée ces dernières années. Cependant, plus de 250 millions de mines antipersonnel restent stockées dans 108 pays, dont 110 millions en Chine, 60 à 70 millions en Russie, et sans doute 10 millions en Bélarus. L’Observatoire des Mines estime à 640 millions de dollars le budget consacré aux mines antipersonnel au cours des cinq dernières années par les 17 pays qui ont été les principaux utilisateurs. Ces dépenses ont principalement servi à placer des mines en Afghanistan, au Mozambique, au Cambodge, en Bosnie et en Angola. (apic/cip/pr)

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