Maria Stella Matutina n'emménagera pas au couvent de Wonnenstein

La communauté controversée des sœurs de Maria Stella Matutina n’emménagera pas au couvent de Wonnenstein (AI). Tel en a décidé Mgr Beat Grögli, évêque de Saint-Gall. Le projet d’installation dans l’ancien couvent des capucines avait suscité des inquiétudes.

Barbara Ludwig, kath.ch / traduction et adaptation: Raphaël Zbinden

Après «un examen approfondi des nouvelles informations relatives à l’histoire de la communauté Maria Stella Matutina», l’évêque Beat Grögli a décidé que les sœurs n’emménageraient pas au couvent de Wonnenstein, ont annoncé le 4 février 2026, dans un communiqué commun, le diocèse de Saint-Gall et l’association Kloster Maria Rosengarten Wonnenstein.

L’association, dont fait également partie un représentant du diocèse, avait signé en novembre une déclaration d’intention avec la communauté Maria Stella Matutina visant à son installation «sur un moyen terme» au couvent de Wonnenstein. La date initialement prévue pour l’emménagement était l’Avent 2026. Scolastica Schwizer était la dernière capucine à vivre dans ce monastère situé à Teufen, dans une enclave d’Appenzell Rhodes-Intérieures sur Appenzell Rhodes-Extérieures, jusqu’à la fin du mois d’octobre.

Enquête auprès de l’Église en France

Lorsque le projet d’installation de la communauté a été rendu public, «de nombreuses déclarations et questions inquiètes» ont été adressées au diocèse par des organisations concernées et des supérieurs religieux suisses, selon le communiqué. «Mgr Grögli a pris ces réactions très au sérieux et a réévalué la situation de fond en comble.» Des recherches supplémentaires menées auprès de hauts représentants de l’Église en France ont permis d’obtenir «une vue d’ensemble» sur la base de laquelle l’évêque a décidé de s’opposer à l’installation de Maria Stella Matutina.

Pas la base de confiance nécessaire

La communauté des sœurs Maria Stella Matutina a déclaré dans un communiqué qu’une installation n’était possible que sur la base d’une confiance mutuelle et dans une atmosphère bienveillante. «L’évêque Beat Grögli estime que cette condition n’est plus remplie», constatent les religieuses.

L’association Kloster Maria Rosengarten Wonnenstein reconnaît de son côté que, conformément à ses statuts, la responsabilité ecclésiastique et spirituelle d’une communauté religieuse au couvent de Wonnenstein incombe à l’évêque compétent. L’association continue à se concentrer sur la mise en œuvre de son plan directeur et va réanalyser cette situation en évolution, tout en procédant aux ajustements nécessaires.

«L’objectif est que le monastère de Wonnenstein reste un lieu d’Eglise et spirituel»

Mais le diocèse et l’association poursuivent toujours l’objectif d’établir une communauté à Wonnenstein et en recherchent désormais une autre. Isabella Awad, responsable de la communication du diocèse de Saint-Gall, explique à kath.ch: «L’objectif est que le monastère de Wonnenstein reste un lieu d’Eglise et dédié à la spiritualité. L’association se concentre sur cet objectif et analysera la nouvelle situation avant de décider de la suite à donner.»

Les organisations concernées saluent cette décision

Les organisations de défense des victimes d’abus sexuels en contexte ecclésial de Suisse alémanique, de Suisse romande et du Tessin saluent la décision de l’évêque de Saint-Gall. Elle constitue «un signe important en faveur d’une prévention responsable et de la protection des victimes potentielles», écrivent l’IG-M!kU, le groupe Sapec et la Gava dans un communiqué commun. Seules des mesures préventives cohérentes permettent de lutter contre les abus spirituels et sexuels. Les trois organisations remercient la direction du diocèse d’avoir assumé ses responsabilités. Mi-décembre, elles ont pu exposer leurs préoccupations et présenter des «informations vérifiées» sur la communauté Maria Stella Matutina lors d’un entretien personnel avec l’évêque.

Une attention particulière en cas «d’antécédents lourds»

Pour les personnes concernées, il est important que les antécédents connus, les asymétries de pouvoir et les risques structurels soient pris en compte dans les décisions ecclésiales. «Cela implique également que les communautés ayant des antécédents lourds soient examinées avec une attention particulière.» Parmi celles-ci figure Maria Stella Matutina, comme l’a relevé kath.ch dans un article publié en décembre 2025. Les organisations attendent donc qu’à l’avenir, lorsque des indices correspondants seront signalés, «on écoute sérieusement, on pose des questions attentives, on mène des recherches approfondies et on agisse de manière cohérente».

Projet d’une faîtière des associations de victimes

Les trois organisations annoncent également qu’elles travaillent actuellement à la création d’une association faîtière commune qui représentera à l’avenir les intérêts des personnes concernées dans toute la Suisse. Vreni Peterer, de la Communauté d’intérêts pour les victimes d’abus dans un contexte ecclésial (IG-M!kU), précise à kath.ch que l’implantation prévue de Maria Stella Matutina n’est pas à l’origine de la création d’une association faîtière. «Nous y travaillons depuis longtemps déjà. Mais le cas de Wonnenstein a confirmé l’importance du réseautage et de la coopération au niveau national.» (cath.ch/kath/bal/rz)

Rédaction

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