Formation des soldats latino-américains dans le collimateur
Washington, 6 mai 1999 (APIC) Plus d’une centaine d’évêques catholiques des Etats-Unis ont réclamé la fermeture immédiate de «L’Ecole des Amériques» (SOA), à Fort Benning (Géorgie), dans une résolution rendue publique à Washington. Les détracteurs de la SOA, qui l’appellent «L’Ecole des assassins», affirment qu’à Fort Benning l’on a enseigné la torture et les méthodes d’assassinat à des milliers de militaires latino-américains.
Lundi, 55 manifestants ont été arrêtés au Pentagone lors d’une action de protestation réclamant la fermeture de ce centre de formation militaire, fondé en 1946 dans la zone du Canal de Panama et transféré aux Etats-Unis. La manifestation devant le Pentagone faisait partie d’une séries de protestations de quatre jours, intitulée «Nunca Mas» (Jamais Plus), lancée à la suite de nouvelles révélations sur les liens entre l’entraînement donné à «L’Ecole des Amériques» (»The US Army School of the Americas» SOA) et la vague de tortures et d’assassinats qui ont touché ces dernières décennies le Guatémala, la Colombie et le Chili notamment.
Lors de son récent voyage en Amérique centrale, le président américain William J. Clinton avait fait des excuses publiques au Guatemala pour le soutien des Etats-Unis aux dictatures militaires d’extrême-droite qui se sont succédées à la tête du pays, dont les escadrons de la mort et les forces de sécurité sont responsables de l’assassinat de dizaines de milliers d’Indiens descendants des Mayas.
Du sang plein les mains
«Alors que nous montrons du doigt la purification ethnique au Kosovo menée par le leader de la Yougoslavie Slobodan Milosevic, les Etats-Unis doivent laver le sang sur leurs propres mains en fermant l’Ecole des Amériques», a lancé le Père Roy Bourgeois, codirecteur de «SOA Watch» à Washington, une organisation qui lutte pour fermer la SOA. Des milliers de manifestants en provenance de divers Etats américains se sont réunis samedi et dimanche devant la Maison Blanche pour en exiger la fermeture. Les fers de lance des protestataires sont des religieux catholiques américains.
Le Père Bourgeois, un religieux américain de la congrégation de Maryknoll emprisonné à plusieurs reprises pour avoir manifesté en faveur de fermeture de la SOA, a dressé avec ses collègues une liste de plus de 300 anciens élèves de l’Ecole impliqués dans de graves violations des droits de l’homme. Parmi les victimes d’élèves de la SOA, le religieux américain cite notamment les noms de Mgr Romero, des six jésuites de l’UCA de San Salvador. (apic/kna/soa/be)
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