Roumanie : A la veille de la venue du pape le métropolite de Timisoara fait son mea culpa

«Je n’ai pas fait mon devoir d’évêque»

Timisoara,

(APIC) A la veille de l’arrivée du pape en Roumanie, le métropolite orthodoxe de Timisoara, Nicolae Corneanu, fait son mea culpa et demande pardon pour son attitude à l’époque communiste. «Je n’ai pas fait mon devoir d’évêque», reconnaît-il aujourd’hui. Dans le même temps, le prélat se prononce en faveur de la restitution de toutes leurs églises aux gréco-catholiques de Roumanie.

Dans une interview à la revue catholique italienne «Il Regno», le métropolite Corneanu ordonné évêque en 1962 fait son examen de conscience pour son comportement sous le régime communiste. A l’époque il n’y avait que deux possibilités pour préserver le bien de l’Eglise: accepter les compromis avec les autorités ou bien renoncer à sa charge d’évêque, explique-t-il. Néanmoins son comportement d’alors lui pèse d’un grand poids. L’évêque Corneanu avoue avoir honte aujourd’hui de beaucoup de choses qu’il a cru devoir faire à l’époque. Il n’a ainsi pas protégé ses prêtres et ses laïcs enfermés pour leur foi. «Je n’ai pas fait mon devoir d’évêque, parce que je n’ai pas protesté contre le régime», admet-il.

Mgr Corneanu n’oubliera jamais la terrible parole de l’évêque gréco-catholique Ioan Ploscaru qu’il avait voulu rencontrer peu après sa sortie de prison : «Je ne veux pas parler avec un de ceux qui nous ont planté un poignard dans la poitrine». «Chaque fois que je vais à Lugoj et que je célèbre la messe dans l’ancienne cathédrale gréco-catholique, je cite le nom de l’évêque uniate lors du memento des morts. Depuis des années j’attendais le moment d’exprimer mes sentiments. Je voudrais demander pardon», a conclu Mgr Corneanu.

Pour la restitution de toutes les églises gréco-catholiques

Dans la même interview, le métropolite Corneanu souligne que tous les lieux de culte gréco-catholiques confisqués en 1948 par les communistes et attribués aux orthodoxes doivent être rendus. «Cette propriété est inaliénable», précise-t-il.

La question de la restitution des biens ecclésiastiques a été une source de conflits constants parfois même violents entre catholiques et orthodoxes depuis la chute du communisme. Le 28 janvier dernier les deux Eglises sont néanmoins parvenues a un accord de non-agression, ce qui a contribué à rendre possible la visite du pape dans le pays.

Le métropolite Corneanu veut cependant aller au-delà des termes de cet accord. Pour lui, le nombre actuel des croyants gréco-catholiques n’est pas l’élément déterminant pour la restitution des églises. Même si on estime généralement en Roumanie que seule la moitié des fidèles rattachés de force à l’orthodoxie sont retournés à l’Eglise gréco-catholique après la chute du communisme. Il est normal qu’après des décennies de persécutions l’Eglise gréco-catholique ait des difficultés. Toutes les églises devraient donc être restitutées, à la seule exception des localités où il n’y a plus de gréco-catholiques, souligne Mgr Corneanu. Une opinion qui n’est toutefois pas partagée par la majorité des évêques orthodoxes. (apic/kap/mp)

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