Aumônerie hospitalière: les plans d'économies menacent le modèle soleurois

Depuis des décennies, les Églises nationales et les hôpitaux publics du canton de Soleure collaborent dans le domaine de l’aumônerie hospitalière. Il existe même un comité directeur commun. Mais ce modèle est menacé car le canton souhaite se retirer du financement.

Barbara Ludwig – kath.ch / Traduction adaptation: Bernard Hallet

Sur la base d’un accord, les Églises protestante réformée, catholique romaine et catholique-chrétienne du canton de Soleure collaborent avec la société Solothurner Spitäler AG.

«Nous avons un comité directeur commun, dans lequel tous les acteurs de l’aumônerie hospitalière sont représentés. Il s’agit des Églises nationales et des quatre hôpitaux publics appartenant au canton», explique Evelyn Borer à kath.ch. La présidente de ce comité directeur ajoute que toutes les questions y sont résolues ensemble, qu’il s’agisse du budget, des comptes ou du personnel.

Evelyn Borer préside également le Conseil synodal de l’Église évangélique réformée. Le canton en tant que tel est également impliqué. Conformément à la clé de répartition actuellement en vigueur, il prend en charge 42 % des coûts de l’aumônerie hospitalière – à partir du budget global de la santé –, tandis que les Églises assument les 58 % restants. Leur part provient de la péréquation financière des paroisses, qui est alimentée par les recettes de l’impôt ecclésiastique sur les entreprises.

Evelyn Borer, présidente du comité directeur de l’aumônerie hospitalière dans le canton de Soleure.

Responsabilité commune

Le modèle soleurois, avec son organisme responsable commun et son comité directeur commun, est unique en Suisse, explique Evelyn Borer. Et d’ajouter: «Il s’agit d’un règlement qui existe depuis des décennies. Grâce à la représentation de tous les acteurs au sein du comité directeur, le canton et les Églises assument conjointement la responsabilité de l’aumônerie hospitalière.»

Mais ce modèle est menacé. Selon les médias, le gouvernement soleurois souhaite supprimer la contribution cantonale annuelle d’environ 700’000 francs dans le cadre de mesures d’économie. À l’avenir, l’aumônerie œcuménique dans les hôpitaux devrait en outre être financée à 100 % par la péréquation financière des paroisses, a annoncé le Solothurner Zeitung le 20 décembre 2025.

«La suppression totale de la contribution cantonale signifierait la fin du modèle soleurois», prévient Evelyn Borer. La présidente du comité directeur espère toutefois que cela n’ira pas aussi loin. Les Églises nationales sont en négociation avec le canton.

Elles ont déjà remporté un premier succès. Après l’annonce du plan de mesures 2024, qui vise à alléger le budget de l’État, les Églises nationales se sont adressées au service de la santé publique et ont obtenu que le changement de système soit reporté jusqu’à fin 2026, rapporte le Solothurner Zeitungß.

Les Églises veulent une nouvelle répartition des coûts

«Nous essayons maintenant, dans le cadre des négociations avec le canton, d’obtenir une nouvelle répartition des coûts», explique M. Borer. D’une part, les Églises nationales seraient prêtes à augmenter leur part de financement. «Car nous avons tout intérêt à ce que l’aumônerie soit maintenue dans les hôpitaux.»

D’autre part, il s’agirait que la société Solothurner Spitäler AG participe directement aux coûts des prestations d’aumônerie hospitalière dont bénéficient ses employés. Il s’agit par exemple de formations continues pour les médecins assistants et le personnel soignant ou de discussions sur des questions éthiques.

Les chiffres mentionnés dans le journal régional SRF Aargau Solothurn du 3 février, à savoir 200’000 francs de participation des hôpitaux et 100’000 francs supplémentaires des Églises, ne sont pas encore définitifs, souligne Evelyn Borer

«Tout cela est encore en cours de négociation. Nous espérons surtout que le canton continuera à apporter sa contribution afin que le modèle puisse être maintenu.» Cela est également nécessaire pour maintenir la qualité de l’aumônerie hospitalière.

Correction possible par le Parlement

Selon le journal régional de la SRF, le Parlement discutera à l’automne du nouveau budget global de la santé. Le Grand Conseil pourrait encore apporter une correction en faveur de l’aumônerie dans les hôpitaux, explique M. Borer. Si nécessaire, les Églises feraient également pression sur les parlementaires. Mais pour l’instant, on espère que le Conseil d’État donnera un «signe» indiquant qu’il est prêt à reconsidérer fondamentalement sa décision. (cath.ch/kath.ch/bl/bh)

Rédaction

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