La campagne s’annonce difficile: sur fond de violence

Inde: Le BJP s’oppose à Sonia Gandhi parce qu’elle est italienne et catholique

New Delhi, 9 mai 1999 (APIC) « Home rule, not Rome rule » (un gouvernement du pays et non de Rome): par ce slogan, les partis nationalistes hindous, dont le principal est le « Bharatiya Janata Party » (BJP), s’efforcent de discréditer Sonia Gandhi, chef du Parti du Congrès, « coupable », à leurs yeux, de n’être pas de nationalité indienne et d’être de surcroît catholique. La tentative de Sonia Gandhi de former un nouveau gouvernement a échoué faute de l’appui des socialistes. Le pays va donc vers des élections anticipées, prévues pour le mois de septembre 1999.

La campagne électorale s’annonce dure: les heurts entre le BJP et le Parti du Congrès comportent aussi des attaques personnelles. Sonia Gandhi est présentée comme « avide de pouvoir » et est méprisée pour sa religion et par ce qu’elle est « videsh » (étrangère). Son adversaire est l’ancien Premier ministre Atal Bethai Vajpayee, brahmane originaire du pays et « swadeshi ». Il est le candidat du BJP.

En réponse aux agressions verbales et idéologiques, le Parti du Congrès a annoncé l’entrée dans la politique de Priyanka Vadra ; elle se présentera dans l’Uttar Pradesh, un Etat clef pour le succès final, où le Parti du Congrès espère recevoir l’appui des musulmans. P. Vadra, qui a 27 ans, ressemble étrangement à sa grand-mère Indira Gandhi ; elle est née en Inde et a fait preuve d’un grand talent pour la politique, en participant au plan politique qui a entraîné la chute du gouvernement précédent.

Interrogé par l’agence missionnaire vaticane Fides, John Dayal, président du Forum chrétien pour les droits de l’homme, commente ainsi la situation: « La campagne anti-chrétienne et la violence contre les musulmans et contre les Dalits ont entamé le caractère laïc de la nation indienne. Le BJP a absout les violeurs et les assassins. Pendant treize mois de gouvernement, il n’a pensé qu’à se maintenir au pouvoir, il a fait disparaître la sécurité dans les régions, il a déformé le système d’éducation et désacralisé la culturelle pluraliste. La « luxure du pouvoir » a amené le gouvernement à reprendre les essais nucléaires qui jettent la terreur dans la population. Les gens qui aiment la paix et la démocratie, et tout spécialement les pauvres, les marginalisés et les minorités, ne peuvent espérer que ces forces continuent à gouverner ».

D’après les observateurs, la lutte entre le BJP et le Parti du Congrès se joue surtout sur le thème de la stabilité qui est désirée par les électeurs. (apic/cip/fides/pr)

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