Allemagne: Pax Christi exige la cessation immédiate des bombardements de l’OTAN
Bad Neuenahr, 10 mai 1999 (APIC) La section allemande du mouvement catholique international «Pax Christi» exige la «cessation immédiate et unilatérale» des frappes de l’OTAN contre la Yougoslavie. Réuni en congrès fédéral durant le week-end à Bad Neuenahr, les membres du mouvement pour la paix ont affirmé que la stratégie militaire de l’OTAN ne contribue pas à la résolution du conflit, mais au contraire ne fait qu’approfondir la haine. Mgr Spital, président de Pax Christi, a été tancé pour sa position en faveur des bombardements.
Le congrès fédéral de Pax Christi Allemagne estime que seul l’arrêt des bombardements contre la Yougoslavie pouvait créer un espace pour des négociations politiques sous l’égide de l’ONU. Le mouvement pour la paix est d’avis qu’il est faux de continuer avec la logique des militaires.
L’Eglise ne doit pas être le bras prolongé de la politique
Les délégués au congrès fédéral de Pax Christi ont critiqué la position du président de leur mouvement, Mgr Hermann Josef Spital. L’évêque de Trèves s’est déclaré publiquement en faveur de la poursuite des frappes aériennes jusqu’à ce que Slobodan Milosevic cède aux conditions posées par l’OTAN. Une telle position, a déclaré Joachim Garstecki, secrétaire général de Pax Christi, réduit l’Eglise à n’être plus que le bras prolongé de la politique. Dans la question de la guerre, l’Eglise ne devrait pas tirer ses arguments de la politique, mais de l’Evangile.
Comme d’autres prélats, placés devant le dilemme – bombarder la Yougoslavie avec la certitude de faire de nombreuses victimes innocentes dans la population civile ou laisser se poursuivre la purification ethnique au Kosovo – Mgr Spital souhaiterait que la guerre s’arrête le plus rapidement possible. Mais il craint qu’après l’arrêt des bombardements, Milosevic soit encore moins disposé qu’avant à s’asseoir à la table des négociations. Une preuve pour Pax Christi que la logique militaire prônée par l’OTAN ne peut mener qu’à une impasse. Mgr Spital a d’autre part qualifié d’indigne la façon dont les Etats européens «mégotent» sur la question de l’accueil des réfugiés du Kosovo. (apic/kna/be)
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