Sanctions canoniques après un mariage transgenre en Argentine?

L’archevêché de Corrientes, en Argentine, envisage des mesures disciplinaires canoniques après la célébration du sacrement du mariage entre deux personnes transgenres dans une paroisse locale.

La cérémonie a eu lieu le 28 janvier 2026, entre deux personnes transgenres, l’une biologiquement homme et l’autre biologiquement femme, qui ont légalement changé leur nom et leur sexe sur leur carte d’identité en vertu de la loi argentine sur l’identité de genre, rapporte le site catholique aciprensa. 

«Nous sommes un couple transgenre qui a pu recevoir la bénédiction de l’Église » a expliqué Solange Ayala, militante LGBT et figure de proue de la communauté transgenre de Corrientes. Au départ, se marier à l’église lui semblait ›impossible’, mais le couple a cherché des solutions et a trouvé la paroisse Nuestra Señora de Pompeya qui accueille les LGBT.

«Nous avons suivi la procédure comme tout le monde, nous avons ouvert un dossier de mariage, nous sommes allés parler au Père et il nous a très bien accueillis », a-t-elle expliqué. Nous avons discuté, il nous a expliqué les étapes à suivre et il est allé lui-même parler à l’archevêque qui nous a dit qu’il n’y avait aucune objection à ce que nous nous mariions, car si nous parlions ainsi, en toute transparence, biologiquement, nous étions un homme et une femme, alors nous pouvions être bénis par le sacrement du mariage».

La paroisse a du gérer la situation, même si les actes de baptême portent leurs anciens noms, leur livret de mariage indique leur identité actuelle.

L’archevêché dément et prévoit des sanctions

L’archevêché de Corrientes a ensuite démenti avoir donné son accord pour que le sacrement soit administré, affirmant qu’«à aucun moment, il n’a reçu les documents ecclésiastiques correspondant aux formalités requises pour le traitement de ces cas ».

Dans un communiqué, l’archevêché a rappelé que le mariage chrétien «exige le respect de certaines conditions essentielles pour être valide et licite, comme le stipulent le droit canonique et la tradition vivante de l’Église».

Le texte ajoute que «le non-respect de ces conditions non seulement dénature le sens profond du sacrement, mais peut également semer la confusion au sein de la communauté des fidèles».

Dans ce contexte, il a annoncé qu’après consultation, il agirait d’office conformément au droit canonique pour prendre les «mesures disciplinaires canoniques formelles qui pourraient s’imposer».

Une Eglise qui accueille et accompagne

Dans le même temps, il a réaffirmé l’engagement «d’une Église qui accueille, accompagne et marche aux côtés des personnes, toujours dans la fidélité à l’Évangile, à la doctrine de l’Église et à l’ordre juridique qui garantit la célébration correcte et fructueuse des sacrements ».

Le curé de Notre-Dame, le Frère Fernando Luis Gómez, a justifié sa position en soulignant qu’il ne s’agit pas seulement d’une cérémonie ou de documents: il est exigé que les futurs époux soient aptes à se marier, qu’il n’y ait pas d’empêchement canonique et, de manière décisive, qu’ils donnent leur consentement véritable, c’est-à-dire qu’ils souhaitent se marier tel que l’Église le conçoit, avec droiture et bonne foi». En outre, par respect pour la vie privée des personnes concernées, il a précisé qu’aucun autre détail ne serait donné. (cath.ch/acip/mp)  

Maurice Page

Portail catholique suisse

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