par la Commission mixte internationale anglicane-catholique-romaine
Nombreuses convergences: le résultat de cinq ans de travail
Rome, 12 mai 1999 (APIC) La Commission internationale anglicane-catholique-romaine a publié le 12 mai 1999 en Angleterre un document d’une quinzaine de pages sur le « don de l’autorité », dans lequel elle propose une possibilité d’approche commune de la question de l’exercice de l’autorité dans l’Eglise. Cette déclaration présente la « primauté » de l’évêque de Rome comme ayant pour objet le « discernement de la vérité », et devant s’exercer « collégialement », dans le cadre de la « synodalité » des évêques. Les deux co-présdents anglais de la Commission internationale anglicane-catholique-romaine, Mgr Mark Santer, côté anglican, et Mgr Cormac Murphy-O’Connor, côté catholique, présentent leur « accord sur l’exercice de l’autorité », en parlant de « pas vers l’unité visible ».
Après la première visite d’un pape dans un pays à majorité orthodoxe, qui a permis aux observateurs de souligner la portée historique œcuménique de ce voyage, un autre pas de rapprochement, malgré les divergences qui subsistent encore, pourrait être réalisé, avec l’Eglise anglicane cette fois.
Présentée officiellement à l’abbaye de Westminster de Londres le 12 mai, cette déclaration est « le résultat de cinq années de dialogue, d’écoute patiente, d’étude et de prière », peut-on lire dans sa présentation. La Commission internationale anglicane-catholique-romaine a commencé à travailler sur cette question dès son origine en 1970, à la suite de la rencontre à Rome, en mars 1966, entre l’archevêque de Cantorbery, Michael Ramsay, et le Pape Paul VI. Depuis, elle a publié un « Rapport final » en 1981, dans lequel la question de l’autorité était déjà étudiée. Et plus récemment en 1995, Jean Paul II, dans son encyclique « Ut Unum Sint », a lancé un appel explicite pour qu’un dialogue et une réflexion sur « le ministère d’unité de l’évêque de Rome » soient entrepris dans les différentes Eglises chrétiennes.
« Nous soumettons à nos autorités respectives cette déclaration commune sur l’autorité dans l’Eglise », écrivent les deux co-présidents anglais de la Commission, à savoir l’évêque anglican de Birmingham, Mark Santer, et l’évêque catholique d’Arundel et Brighton, Mgr Cormac Murphy-O’Connor. « Nous croyons que si cette déclaration au sujet de la nature de l’autorité et de la manière de l’exercer est acceptée et mise en pratique, cette question cessera d’être une cause de rupture permanente de communion entre nos deux Eglises », ajoutent-ils.
Les progrès du dialogue
Le premier chapitre de cette Déclaration souligne les « progrès » du dialogue entre catholiques et anglicans du fait que les deux parties ont reconnu à la fois le « besoin » de la « primauté universelle exercée par l’évêque de Rome », et la nécessité de l’exercice de cette primauté « en association collégiale avec les autres évêques ». La reconnaissance de cette « convergence » avait déjà été exprimée en 1988 du côté anglican à travers la Conférence de Lambeth, et en 1991 du côté catholique. Elle a depuis encouragé une poursuite du travail sur les questions encore non résolues, parmi lesquelles les décisions de l’Eglise anglicane sur la question de l’ordination des femmes.
Dans un deuxième chapitre consacré à « l’Autorité dans l’Eglise », la Déclaration de la Commission explique que cette autorité a sa source dans l’obéissance du Christ à son Père. « Jésus parlait et agissait avec autorité à cause de sa parfaite communion avec le Père », explique le document. De même toute autorité dans l’Eglise vient de Dieu, est-il précisé, et son exercice « est toujours ordonné au bien commun et au bien de la personne ». L’ »obéissance » du chrétien à Dieu vient de celle du Christ. Elle se complète lorsqu’il reçoit « tout ce que l’Eglise, en fidélité à la parole de Dieu, affirme être le contenu authentique de la révélation divine », cette « communication de la Parole révélée » constituant le « processus » de la « Tradition ». Les communautés anglicanes et catholiques romaines sont appelées à « reconnaître les unes dans les autres des éléments de la Tradition apostolique qu’elles peuvent avoir rejetées, oubliées, ou pas encore pleinement comprises », peut-on lire dans la Déclaration.
Promouvoir l’unité de toute l’Eglise
Le troisième chapitre de la Déclaration est consacré à « l’exercice de l’autorité dans l’Eglise ». L’autorité ministérielle dans l’Eglise a « une dimension radicalement missionnaire », indique le document. Elle est exercée au sein de l’Eglise « pour le bien de ceux qui sont en-dehors », et vise à « promouvoir l’unité de toute l’Eglise », d’une façon « qui enrichisse » la « légitime diversité des Eglises locales ». Le ministère de l’évêque est qualifié de « crucial », et « l’authenticité » de son enseignement d’ »évidente » là où cet enseignement est « solidaire de tout le collège épiscopal » en plus d’être « fidèle à l’Ecriture Sainte et conforme à la Tradition apostolique ».
Abordant alors la question de la « primauté universelle » de l’évêque de Rome, la Déclaration parle d’un « ministère spécifique touchant le discernement de la vérité ». « Ce service particulier a été la source de difficultés et de malentendus entre les Eglises », reconnaît-on. Pourtant « toute définition solennelle prononcée sur la chaire de Pierre » et « au sein du collège des évêques » ne peut « qu’exprimer la foi de l’Eglise ». « L’évêque de Rome proclame la foi des Eglises locales », précise la Déclaration. Ce « ministère spécifique du primat universel » est « un don à recevoir par toutes les Eglises ».
Pas vers l’unité
Enfin, dans un quatrième chapitre, les deux co-présidents de la Commission internationale anglicane-catholique-romaine présentent leur « accord sur l’exercice de l’autorité », en parlant de « pas vers l’unité visible ». Le Document évoque cependant des points qui restent encore à améliorer dans les deux Eglises, pour que la Communion soit possible. Il s’agit pour l’Eglise anglicane de développer davantage des « structures d’autorité » pour qu’elle puisse prendre des décisions qui l’engagent toute entière, et pour l’Eglise catholique de développer encore la « collégialité des évêques » dans sa « communion avec l’évêque de Rome ». Il faudrait par ailleurs, suggère la Déclaration, que les évêques des deux Confessions « se rencontrent régulièrement aux plans local et régional », et qu’ils saisissent « toute occasion d’enseigner et d’agir ensemble dans les questions de foi et de moeurs ».
« Le travail de la Commission a abouti à un accord suffisant sur la primauté universelle en tant que don à partager, pour que nous proposions qu’une telle primauté puisse être proposée et reçue avant même que nos Eglises soient en pleine communion », concluent les co-présidents. Il s’agirait d’un « primat universel » ayant un « ministère d’enseignement permanent », notamment sur les questions de morale et de théologie, qui pourrait, si cette Déclaration est acceptée par les autorités catholiques et anglicanes, « réunir les Eglises de diverses façons pour des consultations et des discussions ». (apic/imed/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/angleterre-publication-d-un-document-sur-le-don-de-l-autorite/