En 1626, le pape Urbain VIII consacrait officiellement la basilique Saint-Pierre de Rome, un édifice construit à la place de l’ancienne basilique constantinienne dont la destruction avait été décidée par le pape Jules II en 1505. Imaginé par les plus grands esprits de l’époque – Raphaël, Bramante, Michel-Ange, le Bernin – ce bâtiment qui abrite la tombe de l’apôtre saint Pierre est aujourd’hui un des lieux les plus visités au monde, avec près de 12 millions de pèlerins et touristes chaque année.
Le 400e anniversaire de la consécration de la plus grande église catholique du monde sera une «occasion pour se souvenir», mais aussi pour «mettre à jour», a annoncé le cardinal Mauro Gambetti, archiprêtre de la basilique, lors d’une conférence de presse, le 16 février 2026 au Vatican. Il a rappelé que, contrairement à ses prédécesseurs qui avaient été amenés à détruire le précédent édifice, «le pape Léon peut se permettre de rénover sans détruire», et qu’il comptait continuer à faire de ce lieu «une porte ouverte pour tous ceux qui cherchent Dieu».
Grâce au mécénat de l’entreprise d’hydrocarbure Eni, une cartographie complète tridimensionnelle des structures du «Cupolone» a été réalisée, avec notamment des données inédites sur ses fondations grâce à des technologies permettant de sonder à plus d’une centaine de mètres en dessous du sol. L’opération a duré deux mois et a coûté «plusieurs centaines de milliers d’euros» au groupe italien, a annoncé son représentant Claudio Granata. Alberto Capitanucci, responsable du projet pour la Fabrique de Saint-Pierre (l’organisme du Vatican en charge de la basilique), a relevé l’installation d’une dizaine de balises dans la basilique pour recueillir des données sur «l’état de santé» de l’édifice.
Le cardinal Gambetti a annoncé l’ouverture de nouveaux espaces dans le complexe de la basilique pour permettre de mieux gérer l’afflux des touristes. Il prévoit notamment l’ouverture au public de toute la terrasse qui se trouve en-dessus de la coupole, où le point de restauration déjà existant verra sa taille doublée. Une section pédagogique sur la construction de la basilique et une autre interactive permettant de partager ses photos et messages sur un «mur», sont prévus dans des espaces situés sur le toit de Saint-Pierre. Une nouvelle «Via Crucis» réalisée par l’artiste suisse Manuel Andreas Dürr sera aussi inaugurée dans la basilique le 20 février prochain.
Enfin, plusieurs initiatives innovantes ont été présentées dans le domaine numérique. C’est le cas d’une nouvelle application fonctionnant avec l’intelligence artificielle qui permettra de traduire dans 60 langues différentes les cérémonies se déroulant dans la basilique. Autre idée «numérique»: une nouvelle police institutionnelle «Michelangelus», réalisée à partir de l’écriture de Michel-Ange, qui sera incluse dans la suite Office de Microsoft (firme avec laquelle la basilique a déjà collaboré récemment). Enfin, le service «Smart Pass», un nouveau système de réservation en temps réel pour accéder à la basilique, doit être lancé pour permettre de mieux contrôler le flux de visiteurs. (cath.ch/imedia/cd/rz)
I.MEDIA
Portail catholique suisse