Myanmar: «Christian Solidarity» dénonce la purification ethnique contre les minorités

Les Karens et les Karennis menacés de disparition

Rangoon, 16 mai 1999 (APIC) La purification ethnique n’existe pas seulement au Kosovo, elle est en cours également au Myanmar, contre les minorités Karens et Karennis. De retour d’un voyage sur le terrain, la baronne Caroline Cox, présidente de l’Association « Christian Solidarity Worlwide » (CSW), décrit les attaques continuelles des milices du « State Peace and Development Council » (Conseil d’Etat pour la Paix et le Développement, SPDC) contre les minorités indigènes.

Après une tournée d’inspection au Myanmar, du 26 avril au 1er mai, la baronne Cox parle d’un véritable « règne de terreur », au sens propre du terme. Les militaires minent les maisons et les champs, tuent des civils innocents, détruisent des villages, incendient les récoltes, abattent le bétail. « Un garçon de 16 ans, déclare la baronne, m’a raconté qu’il avait vu sa famille brûlée vive dans sa maison ».

La situation est alarmante aussi pour la liberté religieuse: « Les habitants des villages chrétiens sont contraints de payer et de travailler pour la construction des temples bouddhistes. On craint qu’ils ne soient contraints, sous la menace de tortures et de mort, de pratiquer le culte bouddhiste ».

Pour compléter cette purification ethnique, le SPDC a créé de nouvelles unités militaires entraînées à se servir de méthodes utilisées par les terroristes. « Ils agissent par groupe de six ou sept. Les gens du lieu les appellent ’les soldats en caleçons courts’, parce qu’ils portent des chemises camouflées et des pantalons courts, explique Caroline Cox sur la foi de témoignages recueillis sur place. Au début des opérations, en octobre 1998, ils ont déclaré aux habitants des villages qu’ils avaient la permission de tuer dix hommes par mois, ce qu’ils ont fait. Quand ils entrent dans un village, ils ordonnent aux gens de tuer tous les chiens, afin de cacher leurs déplacements nocturnes. Si les gens refusent, les soldats abattent les chiens, et demandent un dédommagement aux propriétaires pour chaque balle utilisée ».

D’après CSW, les unités spéciales sont présentes dans chaque village de la région de Kyaukkyi Shwe Kym, à la frontière avec la Thaïlande, où se produisent sans cesse des atrocités: tortures, assassinats, mariages forcés. « Deux hommes du camp de rééducation de Yan Mao Aung ont été tués et décapités; leurs têtes ont été exposées aux portes du village de Thit Chart Seik, après avoir contraint les habitants du village, y compris les enfants, à assister à l’exécution », raconte la baronne Cox.

La purification ethnique des Karennis est pratiquement terminée, affirme-t-elle Des milliers de personnes ont été contraintes de traverser la frontière et à de se réfugier dans des camps d’accueil en Thaïlande; des milliers d’autres ont été déportées dans des camps de rééducation où ils meurent de faim et des maladies. De nombreuses personnes se sont enfuies dans la jungle, et les soldats du SPDC leur donnent la chasse. Les autres vivent dans les villes, soumis à des restrictions sévères et aux travaux forcés. Nombre d’entre eux meurent de sous-alimentation et de maladies, ou sont tués quand ils sont trop faibles pour travailler. (apic/fides/mp)

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