«’Il se passe quelque chose’: vers un effet ‘nouveaux baptisés’ dans les séminaires?» titre La Croix (15 février 2026). Le quotidien se réfère aux derniers chiffres concernant les entrées en propédeutique, qui sont passées de 99 à 110 en 2024, puis à 146 en 2025. Des niveaux comparables à la décennie précédente.
Un phénomène que certains observateurs mettent en relation avec le regain des baptêmes d’adultes observé depuis quelques années dans des pays occidentaux. «À l’évidence, un certain nombre de jeunes néoconvertis ou ayant repris le chemin de la foi frappent à notre porte», affirme à La Croix le Père Olivier Roy, directeur de la maison Charles-de-Foucauld, en Ille-et-Vilaine.
Si les deux tiers de ces nouveaux arrivants proviennent encore de familles catholiques pratiquantes, il est certain que les nouveaux baptisés seront mieux représentés dans les séminaires à l’avenir. Des chiffres qui doivent toutefois être relativisés: une petite proportion des jeunes hommes entrant en propédeutique deviennent effectivement prêtres. Certains acteurs ecclésiaux notent que ces candidats peuvent aussi être débordés par leur enthousiasme et avoir une vision erronée du métier de prêtre.
«Ils arrivent tout feu tout flamme et sont prêts à donner leur chemise pour l’Église. Il faut être très respectueux de leur chemin de foi, ils ne sont pas de la chair fraîche. Attention à ne pas les voir comme un vivier pour de la main-d’œuvre nouvelle», note le Père Thomas Poussier, supérieur du séminaire d’Aix-en-Provence. La question pourrait être discutée lors du concile provincial d’Île-de-France, centré sur l’accueil et l’intégration des néophytes et des catéchumènes, qui s’ouvrira à Paris le 31 mai prochain.
De l’autre côté du Rhin, des chiffres beaucoup moins réjouissants ont été récemment rendus publics. Le nombre d’étudiants inscrits en théologie catholique à temps plein a fortement diminué en Allemagne au cours des six dernières années.
Selon l’agence de presse catholique allemande KNA, ce chiffre est passé de 2206 à 1043, soit une baisse de plus de moitié. Les grandes institutions publiques sont particulièrement touchées. À Münster – la plus importante faculté de théologie d’Allemagne – le nombre d’étudiants est passé de 1012 à 444 en six ans, à Munich de 251 à 102, et à Bonn de 215 à 88. Fribourg et Bochum ont également perdu plus de la moitié de leurs étudiants. Seule Augsbourg est restée stable avec 73 étudiants.
Dans les universités catholiques, le tableau est plus mitigé. À Francfort-Sankt Georgen, Eichstätt-Ingolstadt et Trèves, le nombre d’étudiants a diminué de plus d’un tiers. Dans le même temps, on observe quelques contre-tendances: à la nouvelle Université de théologie catholique de Cologne, le nombre d’étudiants a augmenté, de 46 à 82. L’université des Pallottins à Vallendar a également enregistré une légère augmentation, passant de 53 à 60 étudiants.
KNA rappelle que la baisse continue du nombre d’étudiants pose des défis majeurs à l’Église et à la science théologique en Allemagne.
A noter qu’une baisse similaire touche des facultés de théologie de Suisse, notamment celle de Fribourg. Un phénomène dont la nouvelle doyenne, Veronika Hoffmann, s’est récemment inquiétée sur cath.ch. (cath.ch/lacroix/kna/arch/rz)
Raphaël Zbinden
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