L’arrestation de Mgr Misago: « Le dernier acte d’un stratégie »
L’article du quotidien du Vatican se penche en particulier sur l’arrestation de l’évêque de Gikongoro, Mgr Augustin Misago, le 14 avril 1999. Il met en pièce l’accusation venue du président rwandais lui-même, Pasteur Bizimungu, selon lequel l’évêque aurait participé au massacre de 150’000 tutsis dans son diocèse en 1994.
Signalant une « dure campagne de presse » contre Mgr Misago avant son arrestation, de la part des journaux proches du gouvernement rwandais, l’ »Osservatore Romano » souligne que d’autres campagnes similaires ont commencé depuis, notamment contre l’archevêque de Kigali et contre l’évêque émérite de Kabgayi (réd: Mgr Perraudin), un Père Blanc pourtant retiré en Suisse depuis 1993. Celui-ci est accusé d’avoir déploré les privilèges d’une ethnie sur l’autre, dans une Lettre pastorale écrite en 1959, à l’époque où le Rwanda était une monarchie gouvernée par les tutsis.
Pour le Saint-Siège, « dans les tentatives de déchaîner des procès contre les évêques et les missionnaires, se réalise le projet rendre l’Eglise totalement responsable du génocide envers les tutsis ». Il s’agit, peut-on lire encore dans le quotidien, du « dernier acte » d’une « stratégie » du gouvernement rwandais pour « réduire ou éliminer le rôle de réconciliation qu’a eu l’Eglise dans l’histoire du Rwanda dans le passé, et jusqu’à aujourd’hui », en « cherchant par tous les moyens à en salir l’image ». « La campagne de dénigrement a commencé il y a quelques années », précise-t-il.
Autre épisode dénoncé par le journal: la « volonté expresse » des autorités rwandaises de transformer des églises catholiques en mausolées du génocide. « Il y a transparaît l’intention de lier le binôme génocide-Eglise dans la mémoire des citoyens rwandais », écrit l’ »Osservatore ».
A ce propos, « l’Osservatore Romano » fait observer que le Saint-Siège s’est opposé à faire des églises des mausolées du génocide, du fait que les églises sont « un lieu de culte et de réconciliation pour toute la communauté – tutsi et hutu -« , et ne peuvent donc pas être « monopolisées » comme « ossuaires » par une partie de la population.
Pas un, mais deux génocides
Réclamant la « vérité », le quotidien du Saint-Siège signale par ailleurs que si « actuellement l’attention de la population est polarisée sur le génocide de 94 », il faut souligner qu’il y a eu un « double génocide » au Rwanda. Il s’agit, précise-t-il, de celui qui a provoqué la mort de plus de 500’000 victimes – tutsis et des hutus modérés – à partir du 6 avril 1994, et de celui qui a entraîné la mort de hutus – jusqu’à un million au total -, à partir du début de la guerre en octobre 1990 et jusqu’à la prise de pouvoir du Front Patriotique rwandais tutsi en juillet 1994, génocide qui s’est ensuite poursuivi dans la forêt zaïroise.
Israël: Le patriarche latin félicite Ehud Barak, vainqueur des élections israéliennes
Conduire le pays vers la paix, la justice et la réconciliation
Jérusalem, 18 mai 1999 (APIC) Au lendemain des élections israéliennes qui ont vu l’écrasante victoire du candidat travailliste Ehud Barak sur son rival de droite Benyamin Netanyahou, le patriarche latin de Jérusalem lui a envoyé ses vœux de paix. Mgr Michel Sabbah a félicité le nouveau Premier Ministre israélien et « ceux qui ont été élus le 17 mai pour conduire ce pays vers la paix, la justice et la réconciliation ».
« Nous espérons qu’il sera possible de répondre aux attentes des gens pour la paix, à laquelle la Terre Sainte et la région entière aspirent tant », écrit le patriarche latin à Ehud Barak. Mgr Sabbah déclare espérer et prier pour que prenne fin le conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens depuis si longtemps. Puisse ce conflit être remplacé par une nouvelle vision qui assure la sécurité et la liberté complète à toutes les parties au conflit, poursuit le chef de l’Eglise latine en Terre Sainte. Et de souligner que le pays et la région ont soif de justice et de paix et méritent des leaders qui les guideront sur ce chemin.
Mgr Sabbah souhaite encore que Jérusalem, la ville sainte, retrouve enfin, à la veille du Grand Jubilé, sa vocation de lieu de réconciliation. Et que « la voix des prophètes guide les nouveaux responsables israéliens, de façon à ce qu’ils puissent accomplir leur vocation propre d’intendants de l’ordre temporel. »
Président de l’Assemblée des évêques et ordinaires catholiques de Terre Sainte, Mgr Sabbah espère que commence ainsi une nouvelle ère de paix, de fraternité et de prospérité pour tous les peuples de la région. Les milieux chrétiens de Terre Sainte espèrent que les relations avec le nouveau gouvernement israélien soient à l’avenir meilleures que sous Netanyahou, un homme qui a davantage cherché à donner des gages à l’extrême-droite israélienne et aux colons annexionnistes qu’à créer les véritables conditions d’une paix juste et durable pour tous les habitants de la région. (apic/com/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse