Rome: «L’Osservatore Romano» et les divorcés-remariés face au sacrement du mariage

«Obstacle insurmontable», écrit le Père Gino Concetti

Rome, 19 mai 1999 (APIC) Les divorcés-remariés font l’objet d’une analyse du Père Gino Concetti, théologien moral de «L’Osservatore romano» Un second mariage civil, assure-t-il, place en situation «objectivement irrégulière face à l’Evangile», et crée donc de fait un «obstacle insurmontable» pour recevoir l’absolution sacramentelle et l’Eucharistie, et pour exercer «certaines fonctions liturgiques»,

«L’Eglise souffre de l’exclusion de la communion eucharistique et de l’absolution sacramentelle de ceux qui ont accompli un choix différent de ce qui est demandé par l’Evangile dans le domaine du mariage», mais cette souffrance la conduit à «implorer la miséricorde de Dieu», et non pas au «dépassement de la norme disciplinaire» qui les écarte de ces sacrements.

Dans «l’Osservatore Romano» du 19 mai 1999, le Père Gino Concetti, théologien moral du quotidien du Vatican, revient en ces termes sur la dernière publication de la Congrégation pour la doctrine de la foi concernant la pastorale des divorcés remariés, pour en clarifier la ligne directrice.

Publié au début de l’année 1999 en italien, ce volume de 133 pages contient trois documents concernant cette pastorale: un extrait de l’exhortation de Jean Paul II «Familiaris consortio», publiée en décembre 1981 en conclusion du Synode des évêques rassemblé un an auparavant sur les questions de la famille, une Lettre envoyée aux évêques par la Congrégation pour la doctrine de la foi en septembre 1994, et enfin un discours de Jean Paul II adressé au Conseil pontifical pour la famille en janvier 1997.

Ces trois textes, accompagnés de commentaires et d’études, sont précédés d’une préface du cardinal Josef Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui synthétise la position de l’Eglise vis à vis des divorcés remariés.

L’Eglise «n’exclut» pas mais ne peut pas «dénaturer» sa fonction…

Revenant sur l’essentiel de cette position, le Père Gino Concetti rappelle que «celui qui recourt au pouvoir civil pour obtenir le divorce n’annule pas le lien du mariage sacramentel, qui reste intact même dans les mariages civils suivants». Un second mariage civil, assure-t-il, place en situation «objectivement irrégulière face à l’Evangile», et crée donc de fait un «obstacle insurmontable» pour recevoir l’absolution sacramentelle et l’Eucharistie, et pour exercer «certaines fonctions liturgiques», par exemple être parrain ou marraine. Pour le Père Gino Concetti, l’Eglise n’»exclut» pas, mais ne peut pas «dénaturer» sa fonction de «signe et et instrument d’alliance entre Dieu, le Christ et les hommes et les femmes».

Il y a une condition, dit-il, qui permet aux chrétiens remariés civilement d’accéder «exceptionnellement» à la communion eucharistique et de recevoir l’absolution sacramentelle, poursuit le théologien, qui implique pour eux de «vivre comme frères et soeurs». Pour le Père Gino Concetti, il s’agit d’une «disposition» fondée sur une «conversion», qui remplace une séparation physique certes «préférable», mais souvent impossible pour de «graves motifs».

Le Père Gino Concetti rappelle ensuite que les divorcés remariés qui sont «convaincus objectivement de l’invalidité de leur mariage précédent» doivent s’adresser aux tribunaux ecclésiatiques compétents pour examiner s’il y a validité ou pas de leur premier mariage, ces tribunaux existant dans les Eglises de tous les pays. Si ceux-ci n’étaient pas préparés à faire face à une telle augmentation des cas de séparations ces dernières années, reconnaît le Père Concetti, des mesures ont été prises et le sont encore actuellement pour leur permettre de répondre plus rapidement aux demandes qu’ils reçoivent.

La déclaration de nullité ne peut cependant pas être perçue comme un «divorce catholique», précise le Père Gino Concetti, qui insiste sur le fait que les communautés ecclésiales doivent faire porter leurs efforts sur la préparation des jeunes à un mariage indissoluble, et sur l’aide à apporter aux couples pour éviter des séparations.

Question en débat

Enfin, le théologien moral de l’Osservatore Romano rappelle que les divorcés remariés ne sont pas les seuls à ne pas pouvoir accéder aux sacrements. Cela concerne tous ceux qui soutiennent des positions objectivement contraires à l’Evangile, explique-t-il, notamment dans le domaine sexuel, par la situation dans laquelle ils vivent ou par les structures ou institutions qu’ils appuient dans les milieux publiques et sociaux.

En Allemagne, la question de l’accès aux sacrements pour les divorcés-remariés à fait l’objet d’un vaste débat. Plusieurs membres de l’épiscopat avaient du reste pris une position plus ouverte, souhaitant une approche du problème au cas par cas. En Suisse, les délégués à l’Assemblée diocésaine 2000 du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, ont débattu de la question lors de leur récente réunion à Genève. Un groupe de travail chargé d’étudier le dossier a été mis en place. (apic/imed/ab)

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