Homélie du 1er mars 2026 (Mt 17, 1-9)

Abbé Valentin Roduit – Eglise Saint-Didier, Collombey, VS


Nous voici sur la montagne avec Jésus. Un temps à l’écart, comme le carême qui nous invite à prendre du recul.
Et cela pour nous préparer à quelque chose. Quitter le connu ; pour aller vers là où Dieu nous indique.
Quitter sa parenté ; pour devenir une bénédiction pour toutes les familles de la terre. Telle était l’invitation que Dieu adresse à Abraham et à nous tous, croyants à sa suite. Nous mettre en route avec le Seigneur, c’est renoncer, pour devenir une bénédiction.

En ce dimanche des malades, l’Écriture nous parle de ce renoncement de la souffrance.
« Prends ta part des souffrances à l’annonce de l’Évangile » disait Paul à Timothée,
parce que Dieu a un projet : le salut.
Pas facile d’annoncer l’Évangile, surtout quand on risque de donner un contre-témoignage.
Et pourtant, cette parole nous met véritablement en route à la suite du Seigneur,
pour devenir une bénédiction.

La vie chrétienne est un rayonnement, une bénédiction pour ceux qui nous entourent.

La question de ce dimanche des malades est :
Est-ce possible de le vivre même dans la souffrance ?
Spécialement dans la souffrance, nous dit saint Paul.
Nos souffrances sont vaines si elles ne sont pas offertes.
Nos souffrances sont nocives si elles nous rendent aigri.
Nos souffrances sont salutaires si elles nous relient à celui qui a souffert pour nous,
à ceux qui souffrent autour de nous,
et à l’essentiel en nous : la souffrance d’être éloigné de Dieu.
Oui, nous avons besoin d’un SAUVEUR.

« La grâce de Dieu est devenue visible en Jésus-Christ »


« La grâce de Dieu est devenue visible en Jésus-Christ » disait Paul.
Le Christ s’est incarné, la foi est concrète.
Elle se vit dans une relation, avec un modèle, Jésus vrai Dieu & vrai homme.
Et c’est ce que Jésus montre dans la Transfiguration.
« Brillant comme le soleil, blanc comme la lumière. »
Homme véritable dans lequel rayonne la divinité.
La Loi ancienne et les prophètes sont convoquées pour le désigner comme le Sauveur.
Moïse et Elie, ces 2 montagnards spécialistes de la présence de Dieu indiquent qu’Il est là.
Aujourd’hui, le cœur nous le crie, l’intelligence nous le répète en entendant sa parole :
c’est Lui, le Sauveur.
N’en attendons pas un autre, tournons-nous vers Jésus-Christ.
En ce début du carême, nous sommes allés au désert avec Jésus.
Restons avec Lui aujourd’hui.
La réaction de Pierre est spontanée : on est bien avec Jésus, restons ici, dressons 3 tentes.
Mais Jésus est encore plus concret que son apôtre : il s’approche des trois apôtres
privilégiés, les touche et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte. »

Le carême, condensé de vie chrétienne, c’est :


La Résurrection se vit déjà ce jour pour eux.
C’est bien le motif de cette révélation lumineuse de la Transfiguration :
affermir les Apôtres.
Jésus révèle sa divinité pour les affermir dans les souffrances présentes et à venir.
Et pourtant, on peut légitimement se demander1 :
Est-ce que ça a marché ?
Les trois Apôtres ont-ils effectivement été affermis avant la Passion ?
Non, ils s’enfuiront tous au moment de l’arrestation de Jésus.
Ils n’ont pas compris, ou pas la force.
Et pourtant, Dieu est toujours ainsi avec nous : même quand nous sommes faibles,
il propose sans cesse son amour.
Même quand il y a un goût d’échec, Dieu sème, largement.
Comme dans la parabole du semeur : il est fou ce semeur qui sème dans les ronces, qui
sème au bord du chemin…
C’est la générosité de Dieu, qui donne sa Parole et son Amour à répétition.
Parfois nous ne comprenons pas à la première fois ; parfois pas à la deuxième…
C’est bien pour ça qu’il y a un carême chaque année.
L’occasion chaque année de repartir au combat.
C’est pour ça que Dieu invite à prier chaque jour, à aller à la messe chaque dimanche :
il multiplie les occasions pour donner son amour,
qu’enfin nous puissions en rayonner.

Un appel au rayonnement

La transfiguration, c’est un appel au rayonnement,
même lorsque nous quittons le connu, même dans la souffrance.
Un beau modèle de cela est la bienheureuse Chiara Luce.
Chiara Badano, qui a reçu ce nom de « Luce » parce qu’elle rayonnait tellement,
depuis son lit d’hôpital.
Imaginons bien, elle pourrait être votre fille ou petit-fille.
17 ans, clouée au lit par un cancer des os, elle a su garder un sourire et une joie hors
norme, alors qu’elle savait qu’elle allait mourir.
Les membres des Focolaris venaient la voir pour recevoir de l’énergie.
Ses derniers mots à sa maman :
« Maman, au revoir. Sois heureuse, parce que moi je le suis » (Angélus Benoît XVI,
26.09.2010).
Elle est restée préoccupée du bonheur des autres jusqu’au bout.
Décédée à 18 ans, l’Église l’a déclarée bienheureuse.
Comme de nombreux autres saints, elle indique la source de la joie véritable.
Celui qui peut combler notre cœur de l’amour, même au cœur de la souffrance. Celui qui rayonne et nous fait rayonner.

« Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi »
Seigneur, en ce carême tu nous invites sur la montagne,
à renoncer pour devenir une bénédiction.
Tu nous révèles sans cesse ton amour, tu nous relèves.
Seigneur, que ton amour soit sur nous, nous mettons notre espoir en Toi. Amen.

2e dimanche de Carême
Lectures bibliques : Gn 12, 1-4a ; Ps 32 ; 2 Tm 1, 8b-10 ; Mt 17, 1-9 (Transfiguration)

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