Iran: le pape évoque «la possibilité d’une tragédie aux proportions énormes»

À la fin de l’Angélus du 1er mars 2026, le pape Léon XIV a exprimé sa «grande préoccupation» face aux conséquences de l’attaque lancée la veille par Israël et les États-Unis sur l’Iran. Évoquant des «heures dramatiques», il a plaidé pour le retour de la diplomatie, mettant en garde contre le risque que le conflit ne «devienne un abîme irréparable».

Avec I.Media

Les bombardements israélien et américain sur l’Iran se poursuivent ce dimanche 1er mars pour le deuxième jour consécutif. «Je suis avec grande préoccupation ce qui arrive au Moyen-Orient et en Iran en ces heures dramatiques», a déclaré le pontife depuis la fenêtre du Palais apostolique, devant des milliers de fidèles venus l’écouter réciter la prière mariale de l’Angélus.

Dans son intervention, Léon XIV a assuré que «la stabilité et la paix ne se construisent ni avec des menaces réciproques, ni avec les armes qui sèment la destruction, la douleur et la mort». Il a plaidé pour le retour d’un «dialogue raisonnable, authentique et responsable» en mettant en garde contre «la possibilité d’une tragédie aux proportions énormes».

A l’Angélus, le pape redoute « un abîme irréparable » qui ferait suite à la spirale de la violence | © Vatican Media

Le risque « d’un abîme irréparable »

S’adressant à toutes les parties, il a lancé un «fervent appel à assumer la responsabilité morale d’arrêter la spirale de la violence avant qu’elle ne devienne un abîme irréparable». Il a demandé que «la diplomatie retrouve son rôle» pour garantir le bien des peuples et la coexistence pacifique fondée sur la justice», et enjoint tous les chrétiens à prier pour la paix.

Opérations de combat majeures

Au matin du 28 février, les armées américaine et israélienne ont lancé une grande offensive contre l’Iran, frappant de nombreuses positions militaires et politiques dans le pays. Des tirs de missiles ont touché Téhéran et la grande ville d’Ispahan (centre), la ville sainte de Qom (centre), Karaj, située à l’ouest de Téhéran, ainsi que Kermanshah (ouest).

Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis avaient lancé des « opérations de combat majeures » contre l’Iran et appelé le peuple iranien à « s’emparer » du pouvoir. Annoncée par le président américain et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou dans la soirée du 28 février, la mort du guide suprême Ali Khamenei a d’abord été démentie par Téhéran.

Mort de Ali Khamenei

Mais durant la nuit de samedi à dimanche, la télévision d’Etat iranienne a confirmé la mort du guide suprême. Les autorités ont décrété une période de deuil de 40 jours ainsi que sept jours fériés. Les Gardiens de la révolution ont quant à eux promis « un châtiment sévère » aux « meurtriers » de l’ayatollah Ali Khamenei.

Trois hauts responsables, dont le président Massoud Pezeshkian, assureront la transition en Iran après la mort du guide suprême Ali Khamenei, a laissé entendre dimanche un des conseillers de ce dernier, Mohammad Mokhber, cité par la télévision d’Etat.

L’attaque est survenue à un moment où des négociations entre Téhéran et Washington sur le programme nucléaire iranien étaient en cours. D’après ce qui ressort de la déclaration de Donald Trump faite après le début des frappes, il apparaît que l’objectif est passé d’un accord sur le nucléaire à une tentative de forcer un changement de régime. Il s’agit d’une guerre illégale, tant au regard du droit états-unien que des règlements internationaux.

Riposte de l’Iran

La République islamique multiplie les frappes de représailles au Moyen-Orient sur la plupart des monarchies du Golfe, au lendemain de la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l’attaque israélo-américaine lancée samedi sur l’Iran. En 24 heures, ces représailles menées par la République islamique sur ses voisins au Moyen-Orient ont causé la mort d’au moins deux personnes aux Emirats arabes unis, de sept personnes en Israël mais également des blessés au Koweït, au Qatar et à Bahreïn.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a appelé à contenir une « dangereuse escalade » au Moyen-Orient, lors d’un appel avec le président américain Donald Trump. Le président américain a déclaré dimanche que les Etats-Unis frapperaient l’Iran avec « une force jamais vue auparavant » si le pays ripostait à l’attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême Ali Khamenei.

Condamnation de Moscou et Pékin

Que vont penser les dirigeants de Moscou et de Pékin en observant cette guerre illégale, et ce que cela pourrait signifier pour l’Ukraine et Taïwan? Vladimir Poutine et Xi Jinping, proches du gouvernement iranien, et ont déjà condamné cette opération américano-israélienne; dans le même temps, ils pourraient se sentir encouragés à poursuivre leurs propres objectifs par la force militaire.

« L’action militaire présente le risque de déclencher une série d’événements que personne ne peut contrôler dans la région la plus volatile du monde », a déclaré Antonio Guterres devant le Conseil de sécurité de l?ONU, condamnant à la fois les frappes israélo-américaines sur l’Iran et les frappes iraniennes dans la région.

En Suisse, le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) s’est dit « profondément alarmé » par les frappes des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran. Il a appelé les parties à respecter le droit international. (cath.ch/imedia/cd/ag/bh)

Bernard Hallet

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/iran-le-pape-evoque-la-possibilite-dune-tragedie-aux-proportions-enormes/