Genève: L’Eglise catholique veut se sortir des chiffres rouges

Lettre personnelle de Mgr Farine aux «contribuables» négligeants

Genève, 26 mai 1999 (APIC) Démarche pour le moins originale de l’Eglise catholique à Genève. Les comptes demeurent ancrés dans le rouge. Sans les legs et les dons, le déficit attendrait plus de 800’000 francs. Pour tenter d’apporter une solution, son évêque auxiliaire, Mgr Pierre Farine, prend sa plume pour rappeler la solidarité aux catholiques qui n’ont pas versé leur contribution ecclésiastique. Seules 12’653 familles catholiques, sur un total de 123’000 foyers se sont en effet acquittés de leur contribution ecclésiastique volontaire.

Le problème des finances de l’Eglise catholique à Genève n’est pas nouveau. La démarche de l’évêque l’est en revanche, nouvelle, afin de rappeler aux fidèles leur devoir de contribution. Sans les dons et legs, le déficit courant de l’exercice 1998 atteint près de 830’000 francs. A la missive épiscopale de Mgr Farine s’ajoute un bulletin de versement ainsi qu’un dépliant au titre explicatif: «L’Eglise c’est aussi vous… A vous de choisir. Et le dépliant de préciser: «Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement».

Pour l’Association catholique-romaine de Genève (SCR), les problèmes financiers ne changent pas: les chiffres restent dans le rouge, même si l’exercice 1998 se solde par une perte relativement modeste: 82’500 francs. «Mais sans les dons et les legs extraordinaires, ce chiffre grimperait à plus de 820’000 francs», précise le secrétaire général de la SCR, Pierre Regad. Le total des charges courantes 1998 est comparable a celui de 1997 – il s’élève à près 7,9 millions de francs environ -, mais est de 10% inférieur aux charges enregistrées en 1996. Les recettes de la contribution ecclésiastique de 1998 sont quant à elles redescendues sous la barre des 6 millions. Ce chiffre n’avait plus été atteint depuis 1994, sauf l’an dernier.

Dans sa courte lettre, Mgr Farine met l’accent sur l’activité des prêtres et des laïcs, et fait notamment remarquer que cette disponibilité a un prix. D’où son appel pressant au partage et à la solidarité.

Paiement à la carte

Le dépliant se veut simple et accessible. On y trouve les témoignages de Genevois, qui expliquent brièvement, chacun à sa façon. Pourquoi il est nécessaire de soutenir l’Eglise. Les contribuables-fidèles ont même la possibilité de faire un choix et de proposer à quoi ils désirent que leurs contributions soient affectées: besoins généraux de l’Eglise à Genève; catéchisme et animation de groupes de jeunes; rémunération des prêtres; remboursement de la dette paroissiale; pastorale des malades et des personnes âgées. En un mot une bonne partie des activités de l’Eglise, sans parler des baptêmes, des mariages ou des décès, pour ne citer que les services les plus courants.

Rappelons que la contribution ecclésiastique est volontaire à Genève comme à Neuchâtel, contrairement à ce qui se passe généralement dans les cantons comme Fribourg et le Jura par exemple.

L’exercice 98 se solde certes par une modeste perte. Mais ce semblant d’équilibre financier est précaire. Les dons et les legs extraordinaires ne sont pas prévisibles. «Tant que la majorité des 192’000 habitants catholiques recensés à Genève continueront de rester insensible aux besoins pressants de leur Eglise, celle-ci en sera réduite à faire de la corde raide en limant partout», explique le secrétaire général de la SCR.

L’invitation au paiement se termine pas cette injonction… Donnez par exemple 1% de votre revenu annuel pour votre contribution ecclésiastique, ou alors 50 ou 200 francs en une plusieurs fois».

La solidarité des prêtres à la «retraite-active»

Selon Pierre Regad, près de la moitié des 103 prêtres actifs à Genève ont atteint l’âge de la retraite. Ce qui ne les empêche pas d’apporter leur contribution en exerçant bénévolement leur ministère jusqu’à un âge avancé. Et même respectable. Le curé en «retraite active» à Colley-Bossy est âgé de 93 ans. (apic/ab)

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