Marie-Louise Moreau a affirmé que Mgr Ouellet s’était approché derrière elle alors qu’elle préparait les objets pour une messe dans une église de Montréal, en 1992, rapporte le journal Le Devoir. Le cardinal aurait posé ses mains de chaque côté de son corps et aurait frotté son bassin contre ses fesses. Après s’être dégagée de son emprise, elle se serait enfuie de l’immeuble.
Marie-Louise Moreau, âgée aujourd’hui de 84 ans, a donné son témoignage au procès civil intenté en diffamation contre Paméla Groleau par le cardinal Ouellet. Celle-ci l’avait nommé dans une action collective lancée en 2022, alléguant des inconduites sexuelles de membres du diocèse de Québec. Paméla Groleau a déclaré au tribunal que Marc Ouellet l’avait touchée sans son consentement à trois reprises, notamment une fois en 2010 où il aurait glissé sa main le long de son dos jusqu’au haut de ses fesses. Des allégations toujours niées par le prélat. Contenues dans l’action collective, elles n’ont pas été examinées par les tribunaux et le cardinal n’a jamais été accusé d’un crime en lien avec ces accusations.
Marie-Louise Moreau a rapporté au tribunal de Montréal que sa conscience l’avait poussée à parler après que Paméla Groleau eut rendu l’affaire publique.
Le 6 mars, le tribunal a également entendu le témoignage de Mélissa Trépanier, qui a décrit comment Marc Ouellet aurait glissé un billet de 50 dollars dans le devant de son chandail en 2014. Le cardinal Ouellet avait déjà abordé cette affaire plus tôt dans le procès, qualifiant l’incident des 50 dollars d’erreur maladroite de sa part.
Les deux nouvelles témoins ont accepté que leurs noms soient publiés, renonçant ainsi à l’ordonnance de non-publication habituellement appliquée dans les affaires d’agression sexuelle.
Le Vatican avait ouvert une enquête préliminaire interne en 2021, avant que l’affaire ne devienne publique. Elle avait été confiée au prêtre jésuite Jacques Servais. En août 2022, après examen, le pape François avait décidé que le dossier ne contenait pas suffisamment d’éléments à charge pour ouvrir une enquête canonique. Aucune procédure disciplinaire officielle de l’Église n’avait donc été lancée. L’indépendance et le sérieux de l’enquête préliminaire ont toutefois été questionnées à l’époque, notamment suite à la révélation des liens existant entre Jacques Servais et le cardinal Ouellet. (cath.ch/ledevoir/arch/rz)
Raphaël Zbinden
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/nouveaux-temoignages-de-conduite-inappropriee-contre-le-cardinal-ouellet/