Il aura fallu trente ans de dialogue

Accord entre catholiques et luthériens sur la Doctrine de la Justification

Rome, 28 mai 1999 (APIC) Les Eglises catholique et luthérienne sont parvenues à un accord sur la Doctrine de la justification, a annoncé jeudi le Vatican. L’Eglise catholique et la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM) semblent donc finalement s’être mises d’accord sur une Déclaration. Publiée en 1997 déjà par un groupe de théologien nommés par Rome et par la FLM, cette Déclaration en 44 points avait été approuvée par la majorité des Eglises luthériennes le 16 juin 1998. Elle avait en revanche fait l’objet de demandes d’»éclaircissements» de la part de l’Eglise catholique. Accord entre catholiques et luthériens sur la Doctrine de la Justification pour aboutir à cet accord.

Le cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et Ismael Noko, secrétaire général de la Fédération Luthérienne Mondiale, tiendront ensemble une conférence de presse à ce sujet, à Genève le 11 juin 1999.

Publiée en 1997 par un groupe de théologien nommés par le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et par la Fédération Luthérienne Mondiale, cette Déclaration en 44 points avait ensuite été approuvée par la majorité des Eglises luthériennes, selon la réponse officielle de la Fédération Luthérienne Mondiale du 16 juin 1998. En revanche, elle avait fait l’objet de demandes d’»éclaircissements» de la part de l’Eglise catholique, exprimées le 25 juin 1998 par le cardinal Cassidy. De ce fait, l’adoption officielle de cette Déclaration – envisagée d’abord pour l’automne 1998 -, avait été repoussée à plus tard, le texte devant être soumis à un nouvel examen, dont la conclusion positive a donc été annoncée le 27 mai 1999.

L’importance de cette Déclaration commune réside dans le fait que la Doctrine de la Justification était l’un des principaux sujets de discussion entre Martin Luther et les autorités de l’Eglise catholique au XVIème siècle. Les Eglises Luthériennes et le Concile de Trente de l’Eglise catholique avaient alors prononcé des condamnations doctrinales centrées sur cette question, jusqu’à présent encore en vigueur.

Trente ans de dialogue

En 1967, le dialogue officiellement commencé entre catholiques et luthériens a accordé une place importante à la question de la Justification. Trente ans après, un texte commun était donc soumis officiellement au Saint-Siège et aux membres de la Fédération Luthérienne Mondiale. Il expliquait que «désormais les Eglises luthériennes signataires et l’Eglise catholique romaine sont en mesure d’énoncer une compréhension commune de notre justification par la grâce de Dieu au moyen de la foi au Christ», et que les «développements» de cette Doctrine, encore différents entre les deux confessions, «ne sont plus susceptibles de provoquer des condamnations doctrinales».

La division entre catholiques et luthériens était venue du fait que l’Eglise catholique professait, comme le rappelait le Décret sur la Justification du Concile de Trente en 1545, que «la vie éternelle est à la fois une grâce et une récompense donnée par Dieu pour les bonnes oeuvres et les mérites». Les luthériens, eux, insistaient sur le fait que le salut de l’homme vient de la seule grâce de Dieu, et n’est dû en rien à ses mérites et à ses actes.

Le terme «pécheur» posé en obstacle

La Déclaration commune de 1997 expliquait que «le pécheur est justifié au moyen de la foi en l’oeuvre salvatrice de Dieu en Christ», mais que «cette foi est active dans l’amour», et que de ce fait, «le chrétien ne peut et ne doit pas demeurer sans oeuvres».

L’Eglise catholique – à travers le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et la Congrégation de la doctrine de la foi -, avait demandé des «éclarcissement» en juin 1998, principalement sur l’affirmation des luthériens selon laquelle le chrétien baptisé est à la fois «juste et pécheur». Le terme «pécheur» doit être précisé, expliquait le cardinal Cassidy le 25 juin 1998.

L’Eglise catholique considère en effet que «tout ce qui est réellement péché est effacé par le baptême». Le baptisé, pour les catholiques, est «pécheur» par ses actions, lorsqu’il transgresse la loi divine, mais il n’est plus, du fait de son baptême, dans un état de péché qui l’empêcherait de coopérer à son salut quelques soient ses oeuvres. Le 30 juillet 1998, le cardinal Cassidy demandait donc des «clarifications ultérieures» sur ces questions, en s’adressant à Ismael Noko, tout en affirmant que le consensus était cependant «réalisé» entre les deux Eglises sur les autres «vérités fondamentales» de la doctrine, exposées dans la Déclaration commune. (apic/imed/pr)

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