Berne: assemblée générale de la Commission catholique suisse des migrants (SKAF)
Berne,
(APIC) Le slogan bien connu «Il n’y a pas d’étranger dans l’Eglise» peine souvent à se vérifier dans la réalité des faits. Tel est le constat de l’assemblée générale de la Commission catholique suisse pour les migrants (SKAF), tenue vendredi à Berne. Le terme «intégration» a été le maître mot de la réflexion et de l’action de la SKAF au cours de l’année écoulée.
L’intégration est depuis toujours une des tâches essentielle de l’Eglise, elle reste un défi à l’heure ou la migration évolue de manière importante, relève Urs Köppel, directeur national de la SKAF. L’intégration ne peut cependant se faire sans la réflexion et l’action concertée des divers acteurs sociaux, de l’Etat et de l’Eglise. Mais les attentes des immigrants et de la société restent souvent imprécises et floues. Il importe donc, au niveau de l’Eglise, de donner de nouvelles impulsions à la pastorale commune entre paroisses et missions linguistiques qui vivent souvent encore les unes à côté des autres sans se connaîître. Intégration veut dire participation et coresponsabilité dans le vie de la communauté ecclésiale, souligne la SKAF. Elle n’est pas une démarche unilatérale, mais un défi pour tous, Suisses et immigrés. Leur base commune est la même profession de foi qui fait de tous les baptisés des membres de l’Eglise jouissant des mêmes droits et des mêmes devoirs. Le président de la SKAF, l’ancien conseiller national tessinois Fulvio Caccia a inviter vivre ensemble des événements susceptibles de fonder une histoire commune.
La pastorale des fidèles de langue étrangère en Suisse subit également d’importants changements. L’an dernier 159 prêtres, 3 diacres et 35 assistants pastoraux étaient actifs dans 157 missions linguistiques. Comme dans l’Eglise en Suisse en général, la diminution du nombre de prêtres est une préoccupation importante.
Le travail d’information de l’Eglise
La partie thématique de l’assemblée a été consacrée à la relation entre l’Eglise et les médias et au rôle que ces derniers peuvent jouer dans ’intégration des étrangers. Alfons Croci, ancien journaliste radio, aujourd’hui expert en communication, a invité les responsables d’Eglise a prendre conscience des règles qui régissent aujourd’hui le monde médiatique. Les médias sont un marché dans lequel l’émotion, la personnalisation, la rapidité sont des critères déterminants. Plutôt que de dénoncer ces dérives dans un style moralisateur, il convient d’apprendre à les utiliser de manière positive. En laissant notamment plus de place aux gens et moins à l’institution, ou encore en parlant davantage à la première personne. La qualité du message est certes importante mais elle n’est pas le seul critère. L’aptitude à répondre aux attentes du marché est elle aussi décisive.
Michel Salamolard est venu présenter de son côté l’expérience de l’évolution des bulletins de paroisses en Suisse romande. Ce «petit» média peut jouer un rôle significatif pour la formation de l’opinion publique. En tant que journal de proximité, un organe comme «Paroisses vivantes» éditéé par l’œuvre Saint Augustin, dispose de plusieurs atouts: il tient compte de l’intérêt des lecteurs, donne la parole, ouvre un espace de débat, projette un regard évangélique sur l’actualité, met en valeur l’universel à travers le particulier. Si le journal paroissial ne semble pas à priori le meilleur moyen d’intégration des étrangers, nombre d’entre eux offrent une place aux communautés linguistiques, constate M. Salamolard.
Avant de nous lamenter sur les médias qui ne parlent pas de nous ou qui en parlent faussement, il faut nous interroger sur notre propre comportement à leur égard, relève le Père Roland B. Trauffer. Le secrétaire de la Conférence des évêques suisses annonce par ailleurs la parution prochaine d’un plan pastoral pour les médias qui se penchera sur ces questions. (apic/mp)
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