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Paysans sans terre chassés par la police, dénonce la CPT
Sao Paulo, 28 mai 1999 (APIC) « Un véritable climat de guerre ». C’est ainsi que la Commission pastorale de la terre (CPT), organisme de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), a défini les graves conflits de la terre menés autour des paysans sans terre dans l’Etat du Parana, une des régions les plus riches du pays.
Des villages entiers, durant tout le mois de mai, ont été encerclés par la police militaire. Cette dernière ne se prive pas d’user d’actes violents et arbitraires. Elle empêche également la présence de journalistes sur le lieu des affrontements.
Selon la CPT, ce climat a commencé en 1996, lors des premières occupations de terre par le Mouvement de paysans sans terre (MST). Depuis cette date, plus de 200 travailleurs ruraux de l’Etat du Parana ont été emprisonnés. Il y a déjà eu 15 assassinats, 30 attentats et 41 menaces de mort et six cas prouvés d’usage de la torture. Un climat de tension et d’anxiété, mêlé de révolte, s’est installé à nouveau dans la région dès les premiers jours de mai. Jusqu’à maintenant, sur les 24 occupations de terre faites par le MST, 14 ont été contestées et remises en question de manière violente. Toutes les familles paysannes chassées. Actuellement 41 paysans sont en prison, plusieurs d’entre eux blessés par la police lors des expulsions menées « manu militari » et entreprises chaque fois à l’aube.
« Il y a aussi des cas de tortures physique et psychologie, inclusivement avec des enfants », dénonce encore la CPT. Un grand nombre de paysans ont reçu un mandat de prison préventive. Ils sont recherchés comme s’ils étaient des bandits de grand chemin et leur portraits sont placardés dans les lieux publics. Après l’expulsion des familles paysannes, les policiers cassent leurs meubles personnels, brûlent leurs maisons et les réserves d’aliments qui s’y trouvent. Ils détruisent ensuite les plantations.
Les actions policières sont menées par des groupes de policiers d’élite, équipés d’hélicoptères, de voitures, de bus et de chiens policiers. Ils utilisent aussi de films et de photos pour identifier les paysans.
Le président national de la CPT, Mgr Tomas Balduino, ancien évêque de Goias Velho, est allé sur place. Il promet un rapport. Il a visité les familles expulsées et s’est déjà solidarisé publiquement avec elles.
Selon les observateurs et les médias de l’Etat du Parana, l’événement le plus grave a été l’opération armée déclenchée au matin du 5 mai dans la ville de Querencia du Nord, dans le Nord-Est de l’Etat. L’ordre est venu directement du gouverneur du Parana qui a cédé à la pression de grands propriétaires terriens et de parlementaires contraires à la réforme agraire. Selon la direction nationale du MST, « le gouverneur Jaime Lerner a récompensé de cette manière l’appui électoral que lui ont donné les grands propriétaires terriens lors des dernières élections ».
La CPT demande à tous les « amis du MST » d’envoyer des lettres et des fax de protestations auprès du gouverneur Lerner à Curitiba, capitale du Parana, et auprès du président de la République, Fernando Henrique Cardoso, à Brasilia. (apic/dak/ba)
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