La population divisée: entre espoirs et fortes oppositions

Lanka: Appel pour la paix de la plus haute autorité bouddhiste

Colombo, 31 mai 1999 (APIC) L’appel de la plus haute autorité bouddhiste du Sri Lanka pour des négociations entre le gouvernement et les indépendantistes tamils, a suscité des réactions opposées. La population reste cependant divisée. Entre espoir et réticence, pour ne pas dire franches oppositions.

L’Eglise catholique a accueilli favorablement l’initiative, et souhaité la mise en route des discussions. Tous ne sont toutefois pas d’accord. Suite à l’appel, des milliers de personnes ont protesté, ces jours derniers, dans les rues de Colombo aux cris de « non au dialogue avec les terroristes ». Pour eux, le seul moyen de pacification du pays est l’élimination du Front des rebelles. Parmi les manifestants se trouvent de nombreux moines bouddhistes.

Le 16 mai dernier, Palipane Sri Chandananda Mahanayaka Thero, du Chapitre de Argiriya, avait lancé au gouvernement la proposition d’une négociation avec le « Liberation Tigers Tamil Eelam » (LTTE), avec la médiation de tierces personnes.

L’archevêque de Colombo, Mgr Nicholas Marcus Fernando, a déclaré à l’Agence « Fides », à Rome, que l’appel des dirigeants bouddhistes reprend ceux lancés par la Conférence épiscopale du Sri Lanka en faveur de négociations, avec la médiation de tiers. « Nous espérons que, avec l’intervention explicite de l’autorité bouddhiste, on puisse faire des pas en avant dans cette direction ».

D’après les représentants politiques des Tamils, « le gouvernement devrait exploiter cette occasion pour rechercher une solution qui aille au-devant des aspirations des Tamils ». Varatharaja Perumal, ancien président des Provinces septentrionale et orientale, a indiqué, comme solution possible, l’administration « ad intérim » des deux Provinces par des fonctionnaires locaux; il a déclaré en outre que le parlement devrait discuter un ensemble de lois sur la décentralisation des pouvoirs de l’Etat.

Selon certains observateurs, il est trop optimiste de penser que l’appel de Mahanayaka marque le début des négociations sur le conflit qui divise la population et frappe très fortement l’économie. « Mes enfants, déclare Lewis Singho, ont grandi dans cette culture de guerre et de violence. Nous devons leur faire comprendre que, dans le passé, il y avait la paix dans le pays, et que, quand ils étaient enfants, ils ne savaient pas ce qu’était un soldat ou une arme. Près de mon magasin d’alimentation, il y avait un commerçant tamil; nous étions de bons amis, ma famille et sa famille, nous avions d’excellentes relations. Aujourd’hui, mes enfants n’ont pas d’amis tamils. Dans notre village du reste, il n’y a plus de tamils, et les jeunes grandissent dans un climat de méfiance et de peur ». (apic/fides/pr)

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