B Frei Betto continue d’être fiché et «surveillé» par le gouvernement brésilien

«Un homme subversif, potentiellement dangereux»

Sao Paulo, 31 mai 1999 (APIC) Le frère dominicain Carlos Alberto Christo Libânio, plus connu sous le nom de «frei Betto», pense qu’il continue d’être «espionné» par des agents secrets du gouvernement brésilien.

Frei Betto est un «théologien de la libération» connu dans le monde entier. Emprisonné durant plusieurs années à Sao Paulo lors de la phase la plus répressive des 21 ans de la dictature militaire au Brésil (1964-1985), il est aussi l’auteur de 32 livres. Ce qui lui a valu, en 1986, de recevoir le titre de «l’intellectuel de l’année», une distinction offerte par l’Union brésilienne des écrivains.

Le théologien dominicain tient la preuve qu’il a été considéré comme un «homme dangereux» par le gouvernement brésilien même après la fin de la dictature. Il a enfin reçu une copie de sa fiche établie par la section de sécurité et d’investigation liée à la présidence de la République. 225 annotations, sur de nombreuses pages, s’étalent de 1961 à 1989. Il n’a pu obtenir d’autres renseignements le concernant pour les années suivantes, car on lui a répondu que car l’Etat n’ouvre ses archives que de dix ans en dix ans.

«Encore maintenant, déclare Frei Betto, toutes mes sorties et entrées du Brésil sont contrôlées spécialement. Selon les informations fournies, ambassades et consultas brésiliens à l’extérieur continuent de surveiller mes activités. «Mes conférences, énumérées, sans en oublier aucune, prouvent une assidue participation d’agents 007». Ironique, le dominicain raconte: «Sans connaître leurs noms et leurs visages, j’ai parfois coutume de les saluer en public, juste avant de prendre la parole. Pour eux, je suis un homme subversif, une menace à la patrie, un élément ’potentiellement dangereux’ dont il faut absolument surveiller les activités».

Frei Betto est âgé de 54 ans et frère dominicain depuis 34 ans. Il est actuellement l’assistant religieux national de la pastorale ouvrière de l’Eglise catholique. Il est également souvent demandé pour des rencontres ou des retraites organisées par les communautés ecclésiales de base dans tout le Brésil et en Amérique latine. Il accompagne aussi la réflexion des intellectuels catholiques. (apic/dak/ba)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/b-frei-betto-continue-d-etre-fiche-et-surveille-par-le-gouvernement-bresilien/