Pologne: Le pape présidera trois cérémonies de béatifications et de canonisations
Rome, 31 mai 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II présidera trois cérémonies de béatifications et de canonisation, de Polonais en particulier – au cours de son voyage en Pologne, du 5 au 17 juin 1999.
A Torun, dans le nord du pays, le pape béatifiera dans la soirée du 7 juin le Père Stefan Wicenty Frelichowski (1913 – 1945). Ordonné prêtre en 1937, le Père Stefan Wicenty Frelichowski fut arrêté par les nazis en 1939 avec d’autres prêtres, alors qu’il était vicaire dans une paroisse de Torun. Emprisonné pendant quelques jours, il fut ensuite libéré, avant d’être de nouveau arrêté le 18 octobre 1939, puis emmené au camp de concentration de Oranienburg-Sachsenhauusen. Le 13 décembre 1940, il était transféré au camp de Dachau, où il devait rester jusqu’à sa mort.
En 1944 et 1945, une épidémie de typhus gagna le camp de Dachau. Malgré l’interdiction de communiquer avec la partie du camp où les malades étaient isolés, le Père Stefan Wicenty Frelichowski leur apportait aide matérielle et réconfort spirituel. Il organisa un service religieux pour les moribonds avec l’aide d’autres prêtres et religieux, jusqu’à ce que, atteint lui-même de typhus puis de pneumonie, il meure dans l’hôpital du camp en février 1945, à la veille de l’arrivée des alliés.
Six jours après la béatification du Père Stefan Wicenty Frelichowski, le 13 juin, c’est cette fois à Varsovie que le pape béatifiera 108 victimes des nazis pendant la Seconde guerre mondiale, ainsi qu’une religieuse, Soeur Regina Protmann, et un laïc, Edmund Bojanowski.
Soeur Regina Protmann (1552 – 1613), est née à Braunsberg – aujourd’hui Braniewo – dans une famille aisée. Tentée par une vie de religieuse contemplative, elle fut cependant conduite, du fait de la situation sociale de la ville où elle vivait, et d’une épidémie de peste dans les années 1571-1572, à fonder avec quelques amies un couvent sans clôture et une oeuvre d’assistance sociale. Elle avait alors 19 ans.
Alternant vie de prière et apostolat à l’extérieur, les Soeurs de la nouvelle Congrégation – placée sous le patronage de Sainte Catherine d’Alexandrie – travaillaient à la filature et au travail de la laine, et se consacraient aux malades, aux pauvres, et à l’enseignement de la religion catholique, en particulier à travers une école pour les filles.
Une fois cette congrégation reconnue par son évêque, Soeur Regina Protmann fonda trois autres maisons, à Wormditt, Heilsberg et Rössel. Aujourd’hui, les Soeurs de Sainte Catherine sont présentes, outre en Pologne, en Allemagne, en Lituanie, au Brésil, en Italie, au Togo, en Russie et en Biélorussie.
Enfin, Edmund Bojanowski (1814 – 1871), né près de Gostyn, fit des études de philosophie à Berlin. De retour ensuite à Gostyn, il se consacra à la transmission des traditions et de la culture polonaises, en s’occupant particulièrement, au sein de différentes associations, de donner une instruction intellectuelle et morale aux jeunes les plus pauvres.
En 1849, une épidémie de choléra le conduisit à se mettre au service des malades, avec l’ouverture d’une «Maison de la charité» centrée en outre sur l’éducation des orphelins et l’instruction de futures infirmières et institutrices. En 1850, Edmund Bojanowski fondait la Congrégation des Servantes de la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée, destinée à l’éducation des enfants dans les milieux ruraux, au soin des malades et au service des plus pauvres. La Congrégation s’étendit ensuite, sous la forme de quatre familles religieuses, dans les différentes régions de la Pologne occupée: en Galice – sous domination autrichienne – en 1861, dans le Royaume de Pologne – sous domination russe – en 1862, dans la Haute Silésie en 1866.
Vers la fin de sa vie, Edmund Bojanowski se décida finalement à devenir prêtre. Il entra au séminaire à l’âge de 55 ans, mais dut le quitter quelques mois plus tard à cause de sa mauvaise santé. Il devait mourir un an après.
Canonisation pour Stary Sacz
Lors d’une dernière cérémonie le 16 juin 1999, à la veille de son retour à Rome, Jean Paul II canonisera à Stary Sacz la bienheureuse Soeur Cunégonde (1234 – 1292).
Appelée communément Soeur Kinga, la bienheureuse, née dans la famille royale de Hongrie, grandit dans une ambiance chrétienne. Fiancée à cinq ans au futur duc de Cracovie, elle fut éduquée dans la famille de son fiancé. En 1241, l’invasion des Tartares conduisit celle-ci à fuir le pays pendant deux ans, avant de pouvoir prendre la tête du duché.
Au côté de son mari, la bienheureuse Kinga collabora au gouvernement du duché de Cracovie, dévasté par les Tartares et appauvri par les guerres intérieures. Attirée par l’idéal de saint François d’Assise, elle fit venir à Cracovie des franciscains et des religieuses clarisses, se montrant elle-même soucieuse de l’assistance aux malades, de la promotion de la justice sociale et de la morale des familles. En 1288, Kinga devait rejoindre un monastère de clarisses qu’elle avait contribué à fonder à Stary Sacz, où elle devait passer les quatre dernières années de sa vie. (apic/imed/pr)
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