«J’ai prié Dieu avec les noms de Ran, Krishna et Shiva»
Rome, 2 avril 1999 (APIC) «Moi, Nirmala»: c’est le titre de la première biographie de celle qui a succédé à Mère Teresa à la tête des Missionnaires de la Charité. Elle a été écrite par Giampaolo Mattei, journaliste à «L’Osservatore Romano».
Le vrai nom de Soeur Nirmala est Kusum qui veut dire «fleur». Elle est née le 23 juillet 1934 à Duranda (Inde) dans l’Etat de Bihar, dans une riche famille hindoue originaire du Népal, appartenant à la caste supérieure, la caste des Brahmanes. «Mes parents avaient une grande dévotion pour les valeurs hindoues. Je pense à la chasteté, la fidélité dans le mariage, la prière, la compassion, l’aide aux nécessiteux, l’intelligence et le contrôle de soi. J’ai prié Dieu avec les noms de Ran, Krishna et Shiva. Quand j’étais toute petite, je sentais déjà en moi le désir d’aimer les pauvres. Shiva devint ma divinité préférée lorsque j’ai appris qu’elle était peu aimée à cause de son aspect désagréable», confie-t-elle.
Elle ne renie pas l’éducation reçue dans sa famille: «Je garde en moi les valeurs les plus belles de l’hindouisme. C’est de cette religion et de cette culture que je viens. Ce sont mes racines. Je ne peux pas et je ne dois pas les oublier. Je crois qu’il y a une vérité partielle dans les autres religions et par conséquent aussi dans l’hindouisme. Mais la vérité c’est le Christ».
Lorsqu’elle avait sept ans, ses parents l’inscrivirent dans une école tenue par les Missionnaires de la Charité. C’est là qu’elle entendit pour la première fois parler d’un «certain Jésus-Christ». Un jour – à l’âge de neuf ans -, alors qu’elle jouait avec des amies, elle entra dans la cour de l’Eglise catholique de Duranda et se retrouva tout d’un coup devant une grande statue blanche qui avait les bras ouverts. «Je m’échappai à toute vitesse, prise de panique», raconte-t-elle en souriant. «Puis je repris mes forces et je revins tout doucement. Je découvris qu’il s’agissait de la statue du Sacré Coeur de Jésus. A partir de ce jour, à la sortie de l’école, je décidai d’aller contempler cette image qui me fascinait tant».
Pas une conversion immédiate
Après son baccalauréat, Kusum s’inscrivit à la faculté de droit de l’Université de Patna et logea dans une pension tenue par des soeurs catholiques. «Un jour après mon arrivée, j’ai entendu la cloche sonner. Il faisait nuit. Ma compagne de chambre, qui était également hindoue, s’agenouilla et se mit à prier en silence. Je ne savais pas ce que signifiait ce son de cloche mais le geste de ma compagne me toucha. C’est à ce moment que Jésus toucha mon coeur. Je compris qu’il était en moi depuis longtemps. J’avais 17 ans. Jésus a alors commencé à me parler personnellement et j’ai commencé à poser des questions sur lui et à lire des livres».
Mais ce ne fut pas une conversion immédiate. Elle eut six ans et demi de doutes, «de combat». Elle dut d’abord parler avec sa famille puis faire face à la peur de perdre les amis et la sécurité qui lui avait donnés la fascination pour l’hindouisme. Mais il y avait ce Jésus qui ne la laissait plus en paix et son désir de servir les pauvres. «Je voulais aller au Népal pour aider à faire renaître la terre de mes ancêtres» se souvient Soeur Nirmala. «J’en fis part à un jésuite américain qui me parla d’une certaine Mère Teresa. C’est ainsi qu’un jour Mère Teresa m’écrivit : ’Je sais que tu veux aller au Népal, mais les âmes sont partout les mêmes, au Népal, au Bengale et dans n’importe quelle partie du mondé. Elle me proposa de me joindre aux Missionnaires de la Charité: ’Si tu veux venir sans condition, viens !’ Je décidai donc d’aller à Calcutta pour faire la connaissance de Mère Teresa».
Kusum était curieuse de connaître cette européenne qui avait débarqué en Inde le 6 janvier 1929, à l’âge de 18 ans. «Je l’ai d’emblée considérée comme une deuxième maman. Je lui ai ouvert mon coeur avec toutes les incertitudes d’une jeune qui veut changer le monde. Elle m’écouta et me dit: ’prie comme si tout dépendait de Dieu et fais comme si tout dépendait de toi’. Et je n’ai pas besoin de vous dire ce qui s’est passé ensuite !» (apic/zenit/pr)
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