Pour relancer la machine de paix

Colombie: Les évêques suggèrent de relancer le dialogue pour la paix en zone démilitarisée

Bogota, 2 avril 1999 (APIC) Le représentant de la Conférence des évêques de Colombie au Conseil national pour la paix, Mgr Luis Augusto Castro Quiroga, a proposé d’utiliser la zone de démilitarisation accordée l’an dernier aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le plus important groupe de guérilla actif dans le pays, pour permettre la mise en place de la Convention nationale prônée par l’Armée de Libération (ELN).

En novembre 1998, afin de favoriser les premières négociations de paix entre le gouvernement et les FARC, un accord était intervenu entre le président Pastrana et la guérilla pour démilitariser un territoire de 42’000 kme2.

Un mois plus tôt, le second groupe de guérilla du pays, l’ELN, avait tenu un Sommet, à Rio Verde, près de Medellin, qui avait rassemblé les représentants de la société civile, le commandement de l’ELN, ainsi que divers observateurs du gouvernement et de la Croix-Rouge internationale (CICR), notamment. Une réunion mise sur pied dans la foulée des Accords de Mayence, qui a jeté en juillet 1998 les bases d’une Convention nationale à laquelle doit participer l’ensemble des secteurs de la société civils colombienne et l’ELN. Aujourd’hui, l’ELN réclame au président Pastrana de pouvoir disposer d’un territoire démilitarisé, d’une sort de «no man’s land» de 8’000 km2, pour sa propre sécurité et celle des représentants de cette même société civile appelés à débattre au sein de la Convention.

La demande a été rejeté par le gouvernement. Aujourd’hui, le processus de paix entamé depuis plusieurs mois en Colombie est en panne, pour ne pas dire moribond, en raison du veto présidentiel à l’octroi de ce territoire. D’où la démarche de Mgr Castro Quiroga, pour relancer le débat et le processus de paix.

Mgr Quiroga, évêque de Tunja précise dans sa demande que la zone de démilitarisation accordée aux FARC devrait offrir à l’ELN et aux membres de la Convention nationale les mêmes garanties de sécurité. L’évêque constate et déplore qu’un autre lieu n’a pas pu être trouvé pour que puisse se tenir la Convention.

En mars dernier, le commandant guérillero Ramiro Vargas avait confié à l’APIC la disponibilité du gouvernement suisse pour offrir son territoire pour les délégués à la Convention nationale souhaitée per l’ELN.

Mgr Castro Quiroga e encore demandé aux FARC de «suivre l’exemple de l’ELN et de suspendre les enlèvements de mineurs ainsi que les femmes enceintes et les gens âgés de plus de 60 ans. Il suggère aux groupes insurrectionnels de profiter des fêtes de Pâques pour réfléchir à sa requête. (apic/aci/pr)

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