« La paix est la responsabilité primordiale de tous ! ».
Rome, 4 avril 1999 (APIC) Le pape a lancé en ce dimanche de Pâques un appel aux autorités de la République fédérale de Yougoslavie. Dans son message « urbi et orbi » (à la ville et au monde), lancé à midi depuis le parvis de la place Saint-Pierre à l’issue de la messe. Jean Paul II leur a demandé de « permettre l’ouverture d’un couloir humanitaire afin de laisser arriver des aides pour les populations massées sur la frontière du Kosovo ».
Devant quelque 50’000 fidèles rassemblés sous un soleil radieux et une température printanière, Jean Paul II n’a pas manqué d’évoquer « la terre martyrisée du Kosovo, où les larmes et le sang continuent à se mêler en un dramatique scénario de haine et de violence ».
« Que se mobilise la solidarité de tous pour que puissent enfin parler la fraternité et la paix ! », s’est exclamé le pape, en attirant l’attention sur « ceux qui sont tués, ceux qui restent sans toit, ceux qui sont arrachés à leur familles et ceux qui sont contraints de fuir au loin ».
« Comment rester insensibles devant le flot douloureux d’hommes et de femmes du Kosovo qui frappent à nos portes en implorant notre aide ? », a poursuivi Jean Paul II. » En ce jour saint, je me sens le devoir d’adresser un appel chargé de tristesse aux autorités de la République de Yougoslavie, afin qu’elles permettent l’ouverture d’un couloir humanitaire qui permettra d’apporter une aide aux populations massées sur la frontière du Kosovo ». Et le pape d’ajouter, tandis que la foule applaudissait : « Pour des actions de solidarité, il ne peut exister de frontières ; les couloirs de l’espérance sont toujours un devoir ! «
L’Afrique où les foyers de guerre ne sont pas éteints
Après le Kosovo, Jean-Paul II a évoqué les régions de l’Afrique « où tardent à s’éteindre de préoccupants foyers de guerre », les pays de l’Asie « où ne s’apaisent pas de dangereuses tensions sociales » et ceux de l’Amérique latine » qui s’attachent à progresser sur un chemin difficile et tourmenté pour arriver à plus de justice et de démocratie « .
« Face aux signes persistants de la guerre et aux nombreuses et douloureuses défaites de la vie, a souligné le pape, le Christ, vainqueur du péché et de la mort, encourage à ne pas démissionner.[…] La paix est possible, a-t-il assuré, la paix est un devoir, la paix est la responsabilité primordiale de tous !. » Ces paroles ont de nouveau été saluées par des applaudissements.
Dès le début de la messe de Pâques, célébrée sur la place Saint-Pierre, Jean-Paul II avait invité les fidèles à prier pour « la terre martyrisée du Kosovo » et pour « le flot des réfugiés contraints d’abandonner leurs maisons et de fuir dans les pays voisins ». Au cours de la célébration, il a été fait mention à nouveau des Balkans, pour demander « que se taisent les armes, avec la bonne volonté des deux parties, et que soit reprise la négociation pour une paix vraie et durable ».
Enfin, en adressant ses voeux de Pâques au monde entier, dans 60 langues (plus le latin), Jean Paul II s’est adressée de façon spéciale aux Italiens, en saluant en particulier » ceux qui sont proches des réfugiés du Kosovo et les accueillent généreusement « .Le pape, qui semblait en bonne forme, s’est exprimé d’une voix distincte et vigoureuse, tant au cours de la cérémonie que lors de son message » urbi et orbi « . (apic/cip/ imed/mp)
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