Une trentaine de blessés et de gros dégâts

Nazareth: Heurts entre chrétiens et musulmans

Nazareth, 5 avril 1999 (APIC) Les heurts entre Arabes chrétiens et musulmans qui ont fait 30 blessés légers le jour de Pâques, à Nazareth, se sont poursuivis lundi. La police a dû intervenir pour séparer les manifestants et un de ses officiers a été blessé. Onze personnes ont été arrêtées. Les autorités de la ville palestinienne ont déploré ces événements et ont appelé la population au calme.

Les échauffourées ont commencé après la veillée pascale, les musulmans accusant un groupe de chrétiens de les avoir attaqués. Elles se sont poursuivies toute la journée, de dimanche contraignant la police à fermer la rue principale. Plusieurs vitrines ont été détruites à coup de pierre et des magasins pillés. Des dizaines d’autos ont été endommagées ou incendiées.

Les tensions sont vives depuis quelques mois entre chrétiens et musulmans à Nazareth, principale ville arabe d’Israël et important lieu de pèlerinage chrétien. La dispute tourne autour d’un terrain voisin de la basilique de l’Annonciation sur lequel les musulmans voudraient ériger une grande mosquée. La municipalité préférait y aménager un parking afin d’accueillir le flot de pèlerins attendus dans la ville de Jésus pour l’an 2000.

Notre seule arme est l’amour, dit Mgr Sabbah

A Jérusalem, le patriarche latin de la ville Mgr Michel Sabbah a évoqué la coexistence difficile entre musulmans et chrétiens, à Bethléem et à Nazareth. «Mais les difficultés sont provoquées par une minorité. La majorité reste fidèle à la longue tradition de fraternité et d’entente», a-t-il relevé.

Le ton de la déclaration du patriarche était très ferme. «A ceux qui exercent des pressions sur nous, consciemment ou inconsciemment, nous voulons dire que notre seule arme et notre unique réponse est notre amour pour eux, un amour au nom duquel nous appelons à la prudence et à la sagesse. Nous respectons tous ceux avec lesquels nous vivons, chrétiens, musulmans et juifs, mais nous rejetons toute agression ou manque de reconnaissance de notre dignité et de notre identité comme chrétiens».

A Jérusalem, les ruelles de la vieille ville de Jérusalem se sont remplies de pèlerins catholiques venus des cinq continents, et de milliers de chrétiens orientaux de différents rites qui célébraient le Dimanche des Rameaux (Pâques orthodoxe aura lieu le 11 avril).

La première procession était guidée par le patriarche latin Michel Sabbah. La deuxième, qui a eu lieu avec des rameaux d’olivier, était guidée par des patriarches orthodoxes (grec et arménien), et par des archevêques orthodoxes (copte et syrien). Des chants et des prières de tous les rites ont résonné dans la Basilique du Saint Sépulcre.

L’abbé Senghor à nouveau autorisé à célébrer la messe

Dakar, 5 avril 1999 (APIC) Interdit de messe depuis plusieurs années, le fondateur du mouvement indépendantiste de Casamance, au Sénégal, l’abbé Diamacoune Senghor, a été autorisé à concélébrer la messe de Pâques, apprend-on à Dakar.

Longtemps interdit de messe, le fondateur du Mouvement des Forces démocratiques de Casamance (MFDC), a participé pour la première fois depuis cinq ans au moins, à une célébration de cette fête chrétienne. Depuis avril 1994, le chef religieux est placé en résidence surveillée au centre des oeuvres sociales de la cathédrale de Ziguinchor, capitale de Casamance.

Les mains jointes, en aube blanche, l’abbé Diamacoune Senghor a concélébré dimanche la messe de Pâques dans une église de Ziguinchor et y a distribué la communion. Ce jour de Pâques a été pour lui un double anniversaire: celui de son ordination et celui de ses 73 ans. C’est à la demande de l’archevêque de Ziguinchor, Mgr Maixent Coly, qu’il a été autorisé à concélébrer cette fête de Pâques.

La messe a été dite en français et en diola (langue locale). Dans son homélie, Mgr Coly a mis en garde les Casamançais: «Malheur à nous si nous ne travaillons pas pour le retour de la paix», a-t-il notamment déclaré, appelant les fidèles «à accueillir cette paix que Dieu veut pour notre pays et pour notre région». Une vague d’émotion s’est emparée de l’assistance lorsqu’il l’a invitée à échanger le pardon, en signe de paix.

Des enfants ont alors envahi les travées. Certains d’entre eux se sont dirigés vers l’autel où ils ont serré la main de l’abbé Diamacoune.

Cet événement est considéré comme un signe de décrispation en Casamance, où la lutte armée, déclenchée en décembre 1983, a fait près de dix mille victimes parmi les civils et les combattants. Déjà, en janvier dernier, une première rencontre avait eu lieu à Ziguinchor entre le président Abdou Diouf et le fondateur du MFDC. Au lendemain de cette rencontre, le gouvernement sénégalais a mis en place une commission nationale chargée de travailler en faveur d’un retour de la paix dans la région méridionale du pays.

La radio privée sénégalaise «Sud-FM» a estimé que cette messe constitue un signe de «résurrection» pour la Casamance, à quelques mois du jubilé de l’an 2000. (apic/ibc)

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