Vatican: Comment le Saint-Siège et la Chine continentale pourraient se rapprocher?
Rome,
(APIC) Raymond Taï, ambassadeur de la «République de Chine» (Taïwan)auprès du Saint-Siège, est confiant dans la tournure que pourraient prendre les relations diplomatiques entre Pékin et Rome.
«Comme ambassadeur de la Chine auprès du Saint-Siège, j’ai une double responsabilité: promouvoir la paix pour les 22 millions de Chinois qui sont à Taïwan, et agir comme ’voix de la conscience’ de la population de Chine continentale qui aspire à la liberté».
C’est ainsi que Raymond Taï, ambassadeur de la «République de Chine» auprès du Saint-Siège, présente sa «mission» de représentant au Vatican du gouvernement installé à Taïwan depuis 1949, tandis que celui de Pékin n’a pas de lien officiel avec le Vatican.
D’après l’ambassadeur de Taïwan, le Pape est «satisfait» de son gouvernement, parce que celui-ci «respecte les droits humains, le droit à la vie, la liberté individuelle et la liberté religieuse». «Mon gouvernement souhaite comme le Saint-Siège que les autorités de Pékin accordent aux Chinois du continent la possibilité d’exercer librement leur religion» affirme R. Taï.
Le 22 mars 1999, alors que le Président Jiang Zemin se trouvait à Rome, Mgr Jean-Louis Tauran, responsable au Vatican des rapports avec les Etats, avait expliqué la nécessité de modifier la «forme» des rapports du Saint-Siège avec Taïwan, si une normalisation de ses relations avec Pékin s’avérait un jour possible. A ce sujet l’ambassadeur de Taïwan se dit «confiant» dans le Saint-Siège, du fait que celui-ci ne voudra pas établir de relations avec le gouvernement de Pékin «tant que les droits humains et la liberté en matière de religion ne seront pas garanties dans le pays».
R. Taï assure que son gouvernement sera heureux si ces relations s’établissent, parce que cela signifiera des progrès dans ces domaines. D’après lui, le problème n’est pas celui d’une rivalité entre les deux gouvernements chinois. «Taïwan soutient le principe d’une seule Chine», explique-t-il, mais sa position est qu’une Chine réunifiée doit être libre et démocratique. L’ambassadeur affirme donc espérer sincèrement que le président Jiang Zemin entreprendra des réformes politiques comme il l’a fait dans le domaine économique. «Si la Chine continentale était libre, conclut-il, il n’y aurait pas les conflits et les problèmes qui empoisonnent les relations entre Pékin et Taïpei, et entre Pékin et le Vatican». (apic/imed/mab)
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