Actualité: 61 enfants de 9 à 16 ans étaient réunis durant la semaine après Pâques pour un camp-vocations.

APIC – REPORTAGE

« Si le Père vous appelle! » Camp-vocations 1999 au Bouveret (VS)

La vie, quel cadeau!

Par Manuelle Borruat, de l’Agence APIC

Le Bouveret,

(APIC) Au quatrième jour du camp-vocations, il fait un peu frisquet au bord du Lac Léman, mais les visages des enfants rayonnent. Grâce aux bricolages, aux groupes de partage, chacun tente d’accueillir le projet de Dieu dans sa vie.

« Vous, comment voyez-vous votre vocation, ce à quoi Dieu vous appelle? » demande Jean, séminariste à Villars-sur-Glâne. Les réponses ne se pressent pas au portillon. La maison du Bouveret, à 10h du matin, est encore calme, et le soleil fait quelques timides apparitions. Myriam, 14 ans, se lance: « J’aimerais me marier, avoir une famille », répond. « Je veux transmettre ma foi à mes enfants comme mes parents l’ont fait, par la prière et la messe en famille. » Baptiste, 14 ans, voudrait être poly-mécanicien. Jean reprend: « Y a-t-il une différence entre un poly-mécanicien croyant et un poly-mécanicien non-croyant? » « Je ne vois pas trop où tu veux en venir… » rétorque Baptiste.

Eveiller les jeunes à la présence de Dieu dans leur vie, tel est sans doute le sens profond des camps-vocations. Un peu plus tard, à l’oratoire: « Gardez le maximum de silence à la chapelle », recommande Philippe. « Quand on entre dans une chapelle, on entre en communion avec Dieu. Le fait d’entrer dans une église, c’est déjà une prière. » Accompagnés d’un chant de la petite Thérèse, les adolescents sont invités àà aller chercher, au pied de l’autel, la prière de Charles de Foucauld: « Mon Père, je m’abandonne à toi. Fais de moi ce qu’il te plaira… ». Ils la lisent, et la signent. Se lever pour retourner vers le Père, à l’image du fils prodigue dans l’Evangile.

« J’ai gravé ton nom sur la paume de ma main »

Le camp-vocations de Pâques au Bouveret dure cinq jours. Comme les cinq doigts d’une main. Le premier jour a été consacré à l’accueil. Chaque enfant a collé sa photo sur l’immense main accrochée au mur de leur local, selon la parole du prophète Isaïe: « J’ai gravé ton nom sur la paume de ma main ». Mardi: « émerveille-toi devant les cadeaux de Dieu, et sa Création ». Jeanne, 11 1/2 ans, parle de sa création à elle: « On devait aller chercher dehors des cailloux et faire quelque chose qui nous représente. Le noyau de pêche collé sur le caillou, c’est le noyau de la vie. Je l’ai mis parce que je trouvais ça joli ».

« Quand tu t’égares… » Le thème de mercredi commence par la lecture du récit biblique de l’enfant prodigue, et s poursuit avec la reconstitution d’un puzzle. L’image représente l’enfant prodigue parmi les cochons, en plein désespoir.

Jeudi, une journée pour découvrir un peu ce visage de Dieu-Père qui pardonne et nous invite à la fête. « C’est dingue de se savoir aimé », ou le retour de l’enfant prodigue vers la maison de son père. Les enfants sont réunis dans leur local, sagement assis. L’un fredonne un chant, un autre est plongé dans sa BD. Les animatrices distribuent des transparents, de la peinture, et des stylos pour ceux qui n’aiment pas manier les pinceaux… Deux heures plus tard, au repas de midi, les cris des enfants remplissent le réfectoire. Mais les haricots ne sont pas au top 50… Pour la fête des retrouvailles, on attendra le soir: odeur des grillades et coucher de soleil garantis!

Le sacrement de la réconciliation

L’après-midi, enfants et adolescents sont réunis à la chapelle. « Il faut qu’une larme tombe de votre cœur. » C’est ainsi que Michel, prêtre et animateur du camp, présente le sens du sacrement de la réconciliation. « Cette difformité en nous, on a peur de la regarder, quand on n’est pas accompagné du doux regard du Père. » Pascal, prêtre depuis bientôt deux ans, et responsable du camp, complète: « Si je vous fais un cadeau, vous allez garder les mains dans le dos, ou serrées contre vous? » « Non, les mains grandes ouvertes! » répond une petite voix. Après la confession, chacun reçoit un lumignon rouge et s’avance pour le déposer sur l’autel. « Pour symboliser ainsi que le flamme de l’amour brille dans mon coeur, qu’il n’y a plus de cassure entre le Père et moi », termine Michel. « Et pour dire merci! »

Le témoignage d’Elisabeth

« Les oiseaux du ciel ont un nid, les renards ont une tanière, mais le Fils de l’Homme n’a pas où reposer la tête. » Cette parole constitue le fil rouge de la vie d’Elisabeth, 57 ans, laïque consacrée. Elle parle d’une voix assurée, calme, parfois émue, et passionnée. Les adolescents sont attentifs. A l’âge de 18 ans, après avoir rompu ses fiançailles, elle rejoint un groupe de laïcs qui s’occupent de jeunes en danger de prostitution. « Le Seigneur vient nous chercher dans les pires des choses qu’on a vécues » affirme-t-elle. Elle travaille ensuite dans trois prisons préventives, où elle côtoie des personnes dans une grande détresse, en attente de leur jugement. « La première mission est d’écouter ». Enfin, elle découvre le terrible milieu de la drogue, et devant cette misère physique et psychique, ce verset d’Isaïe revient souvent à son esprit: « Il n’avait plus rien d’un homme, mais c’était nos péchés qu’il portait ».

En 1996, Elisabeth arrive à la Maison Ruah. Ce centre appartient à la Congrégation missionnaire des Pères du Saint-Esprit. « Une maison ouverte à l’Esprit-Saint, où l’on souhaite accueillir toute la palette de d’Eglise ». « Vous les jeunes, entendez le cri de ceux qui ne savent plus, témoignez non de la morale mais de l’Amour du Père, pour chacun de ceux qui désespèrent ». Elle invite chacun à réciter un Notre Père, mais consciemment. « Donne-moi aujourd’hui le courage pour ce jour ». (apic/mab)

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