Le Prix Nobel de la Paix cible des anti-indépendantistes

Timor: L’évêque de Dili victime d’une embuscade des milices pro-indonésiennes dimanche

Dili/Liquica, 11 avril 1999 (APIC) Mgr Carlos Filipe Ximenes Belo, évêque de Dili, au Timor oriental, est sorti indemne dimanche d’une embuscade tendue par les milices pro-indonésiennes. Au retour d’une messe pour les victimes des massacres de Liquica – 25 personnes abattues mardi dans une église par les forces de sécurité indonésiennes et les paramilitaires – le convoi du Prix Nobel de la Paix a été pris pour cible par une trentaine de miliciens qui ont attaqué les véhicules à coup de barres de fer et de pierres.

Au moins une personne a été blessée dans l’attaque et trois véhicules endommagés. Mgr Carlos Ximenes Belo venait de lancer un appel à la paix dans le but de mettre un terme à la violence croissante qui ensanglante l’ancienne colonie portugaise occupée par l’Indonésie.

L’évêque de Dili est promoteur d’un délicat dialogue de réconciliation entre les factions indépendantistes et pro-indonésiennes dans le cadre du processus de médiation soutenu par les Nations-Unies. Un vote sur le statut futur de l’ancienne colonie portugaise devrait être organisé en juillet prochain. Mgr Belo a suspendu sa participation aux discussions tant que les autorités indonésiennes n’ont pas fourni des informations circonstanciées sur les massacres de Liquica. Le Prix Nobel a accusé les troupes indonésiennes et la police d’être impliquées dans les massacres commis par les milices pro-indonésiennes, de n’avoir pas bougé le petit doigt pour empêcher les atrocités et de camoufler la vérité.

Abattus comme des animaux

Les autorités prétendent que seules cinq personnes ont été abattues au cours de ces incidents, mais Mgr Belo affirme que leur nombre est d’au moins 25. Le curé de Liquica, le Père Rafaël dos Santos, a expliqué que des partisans de l’indépendance qui avaient cherché refuge dans son église et son presbytère ont été abattus comme des animaux. Plusieurs centaines de personnes ont été sauvagement attaquées par les miliciens pro-indonésiens avec le soutien des forces de sécurité indonésiennes. Les autorités n’ont encore rendu aucun des corps des victimes de cette «boucherie», déplore l’Eglise timoraise.

Pendant ce temps, l’ONU a averti qu’un vote sur le futur de l’île ne pourra pas avoir lieu si les violences continuent. Le leader des indépendantistes Xanana Gusmao, a donné carte blanche à ses supporters pour se défendre par les armes contre les attaques dont ils sont victimes. Les autorités indonésiennes ont menacé de mettre un terme à son régime de résidence surveillée et de le remettre en prison.

Mgr Belo demande l’intervention de l’ONU

Mgr Belo a demandé une nouvelle fois ce week-end l’intervention d’une force de l’ONU pour maintenir la paix au Timor oriental, accusant les troupes indonésiennes de totale partialité dans le conflit qui oppose partisans de l’indépendance et militants pour le maintien de l’ancienne colonie portugaise dans le giron de l’Indonésie. L’administrateur apostolique de Dili relève que la population timoraise a totalement perdu confiance dans les autorités locales. Il a déploré dans une interview à l’agence vaticane FIDES que «le gouverneur de Timor-Est s’est davantage intéressé à sa villa de Djakarta qu’à ses bureaux à Timor». Le Prix Nobel de la Paix a encore dénoncé l’appui matériel et l’argent donné par les forces armées indonésiennes aux groupes paramilitaires «Besi Merah Putih» (Fer rouge et blanc) responsables des massacres de Liquica. (apic/bbc/kna/fides/be)

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