Sud du Liban: la résistance de villageois chrétiens

«Dans le sud, il ne reste plus que nous, dans ces quelques villages chrétiens. Tant que nous serons là, cette terre restera libanaise»: témoignage de Toni Elias, prêtre maronite du village de Rmeish.

Le village de Rmeish se trouve à moins de deux kilomètres à vol d’oiseau de la frontière avec Israël. Son prêtre, le Père Toni Elias, a raconté à l’agence Fides comment il a entendu une nuit le bruit des chars et des bulldozers israéliens se dirigeant vers un village chrétien voisin, évacué depuis trois semaines. Il a aussi expliqué pourquoi, avec d’autres villageois chrétiens, ils ont décidé de rester chez eux, «jusqu’au bout», malgré le très grave danger auquel ils sont confrontés.

« Notre arme est la prière »

«Dans le sud, il ne reste plus que nous, dans ces quelques villages chrétiens. Tant que nous serons là, cette terre restera libanaise. Nous résistons de toutes nos forces. Nous n’avons rien, nous sommes sans défense, notre arme est la prière. Et si nous partions, le sud du Liban disparaîtrait. J’en suis certain. Et les efforts de nos ancêtres qui ont construit ces villages sur une terre bénie disparaîtraient aussi…»

Pratiquement coupés du monde, ces villages sont encore reliés à Tyr par une vieille route. Le 23 mars, les paroissiens du Père Elias toujours présents dans le village ont réussi à faire passer par cette route «un convoi transportant le nécessaire pour notre survie». «La mairie», ajoute-t-il, «distribue des denrées alimentaires aux familles. Nous tenons bon, mais nous ne savons pas combien de temps la route vers Tyr restera ouverte. Et nous prions pour que le Seigneur abrège ces jours.»

Parmi les victimes, un volontaire de 20 ans de l’Ordre de Malte

Parmi les victimes des bombardements israéliens dans le sud du Liban figure un jeune volontaire de l’Ordre de Malte, Chadi Ammar. Il a été tué le 13 mars lors d’un raid aérien israélien à Aïn Ebel. L’attaque a frappé la ville aux premières heures du matin, visant une zone où se trouvaient des civils.

Au moment de l’attaque, il se trouvait sur le toit d’un bâtiment en compagnie de deux autres jeunes qui avaient choisi de ne pas quitter leur village chrétien, occupés à rétablir la connexion Internet pour permettre à ceux qui étaient restés à Aïn Ebel de rester en contact entre eux et avec ceux qui étaient partis. Tous les trois ont péri dans l’explosion de l’engin explosif.

«La mort du jeune Chadi Ammar nous attriste profondément. Il faisait partie de notre grande famille, qui se consacre chaque jour avec engagement et courage au service des plus vulnérables. Son engagement et son esprit de service resteront pour nous un exemple», a déclaré le Grand Maître Fra’ John Dunlap. (cath.ch/fides/lb)

Lucienne Bittar

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/sud-du-liban-la-resistance-de-villageois-chretiens/