Suisse: Les intégristes en campagne contre la révision de la Constitution fédérale

«Non à la dissolution de la famille et de la Suisse»

Rickenbach,

(APIC) Les milieux conservateurs catholiques font le forcing contre la révision de la Constitution fédérale soumise au peuple suisse le 18 avril prochain. Dans une lettre aux fidèles de Suisse, l’abbé Niklaus Pfluger, supérieur du district suisse de la Fraternité Saint Pie X de feu Mgr Lefebvre, appelle à résister à la «décomposition de ce qu’il nomme «la nation».

Les intégristes d’Ecône n’ont pas de mots assez forts pour critiquer le nouveau texte. A leurs yeux, l’adoption de la Constitution aurait pour conséquences la décomposition du pays, l’asservissement au droit étranger, une limitation drastique des droits et libertés politiques, ainsi que «l’éradication totale des valeurs naturelles, morales et chrétiennes».

L’abbé Pfluger s’en prend surtout à la dissolution de la famille. Le fait de définir la famille simplement comme une «communauté d’adultes et d’enfants» (art 41) est la porte ouverte à tous les abus. Les communautés «contre nature», homosexuelles par exemple sont mises sur le même pied que la cellule naturelle familiale. Tout est alors permis: «toute perversion publique, immoralité, débauche, prostitution enfantine, pornographie, etc.», estime-t-il.

En outre les parents perdraient la prérogative d’élever chrétiennement leurs enfants, car les enfants «doivent exercer leurs droits dans le cadre de leur compétence» (art 11,2)

La perte de la souveraineté de la Suisse est le deuxième cheval de bataille des intégristes. La préséance du droit international sur le droit suisse (art 139) est la voie irréversible «qui mène tout droit à l’Union européenne et à l’Organisation des Nations Unies, bien que le peuple ait jusqu’ici toujours repoussé une telle affiliation.»

La dissolution des concepts de peuple, de patrie et de ’nation’ constituent la troisième inquiétude de la fraternité saint Pie X. Au lieu de veiller à la défense de la patrie, le nouveau projet préconise un ordre international juste et pacifique (art2,4). Par cette clause du «devoir de solidarité internationale», la Suisse renonce à son indépendance. «Les termes de patrie et de nation n’auront plus cours», estime-t-il.

Chose plus grave encore aux yeux des disciples de Mgr Lefebvre, en remplaçant dans la Constitution «tous les Suisses» sont égaux devant la loi par «tous les hommes», le projet ouvre la possibilité pour les étrangers de jouir des mêmes droits que les citoyens helvètes: «le droit de vote, le droit de séjour, le droit pour chacun de s’exprimer dans sa langue, les droits politiques». «Avec les vœux de nouvelle année du président de la Confédération en serbo-croate ?» s’interroge avec une nette pointe de xénophobie l’abbé Pfluger.

Par ailleurs, le parti Conservateur catholique suisse appelle «toutes les forces chrétiennes» à s’engager contre la nouvelle Constitution. Le projet contient les bases «pour une dictature», pour une immixtion insupportable dans la famille et dans la foi chrétienne et place le pays devant le risque d’être impliqué dans une guerre internationale. Le non des conservateurs catholiques recouvre largement celui des catholiques fidèles à l’enseignement traditionaliste. (apic/com/mp)

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