Le CIMI écoute la sagesse qui vient de la forêt

Brésil: Semaine des peuples indiens célébrée du 18 au 24 avril

Sao Paulo, 15 avril 1999 (APIC) «Nous avons une sagesse, un sagesse indienne qui peut donner un nouveau souffle au monde». Cette phrase de l’Indien brésilien Ava Kuarary Rendyju, du peuple Guarani Kaiowa, rejoint parfaitement le thème de la Semaine des peuples indiens intitulée: «Peuples indiens: Source de sagesse» . Une semaine organisée dans tout le pays du 18 au 24 avril par le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI) qui veut ainsi préparer pour l’an prochain le 500e anniversaire de la «découverte» du Brésil par les Portugais , le 22 avril 1500.

Ava Kuarary Rendyju pense que les Indiens peuvent faire découvrir de nouvelles choses aux Blancs. «Si ces derniers, poursuit-il, étaient disposés à bien apprendre la leçon, le monde serait sauver. Dans le cas contraire, la «continuation du monde» court de grands risques. Nous devons changer la tête de cette civilisation. Il nous faut ensemble changer les cœurs des gens».

Le CIMI se met à l’unisson de sa conviction. «Les connaissances et la sagesse des peuples indiens peuvent interpeller le monde contemporain. Un changement de mentalité s’est déjà manifesté en cette fin du 20e siècle. Après cinq siècles d’irrespect, d’extermination et d’oppression, le monde occidental découvre peu à peu que ces peuples sont sources de grandes richesses humaines pour l’univers entier.

Le CIMI s’oppose à une célébration triomphaliste de la «découverte» du Brésil par la colonisation européenne du pays. Il demande que la société brésilienne, en se détournant quelque peu de l’histoire officielle écrite par les «conquistadores», se mette à comprendre les peuples indiens dans leur lutte incessante pour que l’on respecte leur identité et leurs cultures propres.

Plus que 330’000 Indiens au Brésil

Des cinq millions d’Indiens qui vivaient alors le Brésil au moment de leur «découverte» par les Portugais, rappelle le CIMI, il n’en reste actuellement que 330’000, appartenant à 215 peuples qui parlent 185 langues différentes. Près de 60% vivent dans les Etats de la région Nord du Brésil, principalement en Amazonie.

Le CIMI rappelle encore que «l’invasion européenne au Brésil» s’est faite à un coup humain très élevé. La destruction ne fut pas seulement physique. On a très longtemps nié ou dénigré les cultures et les langues des premiers habitants du pays. Toute vision et manifestation triomphalistes des commémorations prévues l’an prochain doivent être évitées, car cela serait une nouvelle blessure à la dignité des Indiens d’aujourd’hui. La Semaine des peuples des Indiens est plutôt une invitation à entendre les innombrables voix rendues silencieuses par l’histoire officielle. Il convient donc de réécrire l’histoire des peuples indiens pour combattre les mensonges et les préjugés que continuent à propager certains Brésiliens imbus de leur supériorité.

Le CIMI est une organisation catholique liée à la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) et qui, depuis 30 ans, défend les peuples indiens, particulièrement les «terres indiennes» convoitées par les grandes compagnies industrielles qui exploitent le bois et les minerais dans la forêt amazonienne. (apic/dak/ba)

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