Rome: Commémoration de la Shoah au Collège pontifical nord-américain au Vatican
Rome, 14 avril 1999 (APIC) Un monument destiné à commémorer l’Holocauste des six millions de juifs tués par les nazis durant la seconde guerre mondiale a été placé mardi dans les jardins du Collège pontifical nord-américain au Vatican, en présence d’autorités juives et catholiques.
Cette cérémonie marquait le début d’un programme d’études et d’échanges entre séminaristes catholiques américains et étudiants juifs, destinés à approfondir la compréhension mutuelle des deux religions.
Venu des Etats-Unis pour l’occasion, le cardinal William Keeler, archevêque de Baltimore, – très engagé aux Etats-Unis dans le dialogue avec les communautés juives -, a mis l’accent lors de cette rencontre sur les progrès de ce dialogue depuis le Concile Vatican II. Il a évoqué deux «événements» prévus lors du Jubilé de l’an 2’000: La journée consacrée spécialement au dialogue judéo-chrétien – fixée au 3 octobre 2000 – le voyage espéré du pape à Jérusalem.
Le rabbin américain Jack Bemporad, qui dirige dans l’Etat de New Jersey un Centre pour la compréhension interreligieuse, a rendu un hommage appuyé à «la réflexion continue sur le judaïsme de Jean Paul II au cours de son pontificat», et à «son analyse profonde sur la mission des Juifs dans le monde et sur la signification théologique de la Shoah».
Le rabbin a également exprimé son appréciation du document «Nous nous souvenons : une réflexion sur la Shoah», publié le 16 mars 1998 par la Commission du Saint-Siège pour les rapports avec le judaïsme, sous la présidence du cardinal Edward Idris Cassidy, également présent lors de cette cérémonie. «Le pape espère que ce document aidera les catholiques à agir pour qu’une telle tragédie ne se reproduise jamais», a souligné le rabbin, en ajoutant pour sa part approuver la distinction exprimée dans ce document entre «l’antisémitisme» de caractère païen du régime nazi, et l»antijudaïsme» qui a contribué à rendre certains catholiques «moins sensibles», et même «indifférents» au drame vécu par les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, a-t-il conclu, une «véritable réconciliation» n’est pas une simple «repentance» pour des faits passés, mais un désir concret, face à la même tentation, d’agir différemment», ce qui suppose une nouvelle compréhension des juifs de la part des chrétiens, et une nouvelle compréhension de l’Eglise de la part des juifs».
Les participants de cette cérémonie ont été salués spécialement par Jean Paul II à l’issue de l’audience générale du mercredi au Vatican. Une audience au cours de laquelle le pape a parlé des «courants d’athéisme», qui, dans les deux siècles passés «niaient Dieu au nom de la quête d’une autonomie de l’homme». «L’Eglise ne déprécie pas les études des composantes psychologiques ou sociologiques des phénomènes religieux», a souligné Jean Paul II, mais elle réfute l’interprétation de la religion comme étant une projection du psychisme humain. (apic/imed/ba)
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