La Journée de la conscience mobilise 600 personnes à Genève

«La Journée internationale de la conscience coïncide cette année avec le dimanche de Pâques. Hasard ou un petit message du ciel, c’est en tout cas un beau symbole», relève René Longet, membre du comité de pilotage de la journée Réinventons la paix avec les jeunes, organisée pour l’occasion au Palais des Nations de Genève, le 2 avril 2026.

«Avec toutes les guerres qui traversent le monde, la Journée de la conscience revête cette année un parfum particulier», soutient René Longet, ancien parlementaire et président du PS genevois, et ancien maire de la Ville d’Onex. Près de 600 participants, dont de nombreux collégiens de Genève et de France, sont attendus pour l’événement aux Nations Unis de Genève. «Nous avons décidé cette année de focaliser notre attention sur les jeunes, de leur donner la parole et de leur permettre de présenter leurs idées pour l’avenir.»

«La jeunesse est tiraillée, encore plus fortement que le reste de la société, entre révolte et résignation, note René Longet. Les deux renvoient à une forme d’impuissance. Mais on ne doit pas se sentir impuissant à 25 ans!» De nombreux éducateurs, sociologues, psychologues soulignent en effet le désarroi des jeunes. «C’est un triste héritage que le monde adulte laisse aux jeunes. Nous avons donc choisi de leur offrir l’espace de cette Journée, pour qu’ils puissent sortir de ce blocage et découvrir d’autres pistes d’actions, engagées notamment par leur propre génération.»

Le combat du bien

René Longet, expert en durabilité | © René Longet

Connu en Suisse pour ses engagements multiples et pour sa capacité à motiver et promouvoir des engagements citoyens, l’ancien politicien genevois estime qu’on ne peut plus se permettre de mettre la tête dans le sable, dans une forme d’inconscience personnelle et collective. «La journée de la conscience n’a jamais si bien porté son nom… Sauf que ça devrait être une Année de la conscience!» s’exclame-t-il.

«Elle est là pour faire contrepoids à la dérive guerrière actuelle du monde. Parler de paix, c’est son message central. Aujourd’hui des leaders du mal détruisent l’ordre international en plaçant la loi du plus fort, la conquête, la domination, l’éradication de l’adversaire comme principe légitime d’exercice du pouvoir», s’indigne René Longet. Qui insiste: «Oui je pense qu’un Donald Trump est un leader du mal, que Xi Jinping, Poutine et Netanyahou sont des leaders du mal. La Journée de la conscience s’oppose à la séduction qu’ils exercent. Ça paraît peut être prétentieux, mais pour moi un véritable combat entre le bien et le mal se joue sur la planète. Et chacun doit prendre son parti.»

Défendre le rôle de l’ONU

L’événement organisé à Genève a d’ailleurs aussi pour objectif de défendre la place de l’ONU, affaiblie par les actions de ces dirigeants. Elle doit retrouver son influence internationale et son rôle essentiel dans le maintien de la paix, estime l’ancien politicien genevois.

Intéressé de toujours aux questions d’éthiques et de spiritualité, coresponsable de la section romande de la Société d’Amitié Suisse-Tibétaine, René Longet se dit aussi sensible au fait que la commémoration de cette journée internationale coïncide cette année avec le dimanche de Pâques. Une fête chrétienne essentielle, qui appelle au renouveau et s’ouvre sur l’espérance.

«C’est une période particulièrement bien choisie pour rappeler que le message de toute spiritualité, c’est d’abord de respecter la Terre, sans laquelle on ne peut pas vivre, puis de respecter le vivant, les humains et de prendre ses responsabilités pour ce faire.»

Au programme, des grands témoins de paix et d’humanité

L’événement est organisé à Genève par deux ONG, l’Association internationale pour les objectifs de développement durable (AIODD) et LoveForce. Il a reçu le soutien d’un large collectif d’ONG et de Fondations – dont la Fondation de Caux –  et de nombreux établissements scolaires et d’enseignements supérieurs de Genève et d’Auvergne Rhône-Alpes.

Au programme, des conférences et tables rondes, mais aussi des interludes artistiques. La richesse du panel des invités permet de prendre la mesure du nombre impressionnant de personnes et d’ONG  de la société civile qui travaillent à faire entendre les voix de la paix et de l’harmonie.

Ainsi de Sofia Stril-Rever, fondatrice du fonds philanthropique LoveForce, nièce de Sœur Emmanuelle – avec laquelle elle a écrit deux livres – et biographe du dalaï-lama. Ou encore d’Abdel Aziz Muhamat, lauréat du Prix Martin Ennals 2019, de Mélissa Parke, directrice exécutive de l’ONG ICAN, la Campagne pour l’abolition des armes nucléaires qui fut nobélisée en 2017, ou encore du médecin palestinien Raouf Salti, président de Children’s Right to Healthcare. En compagnie de Philip Stolkin, avocat spécialisé dans les droits humains, ce dernier présentera l’Appel des Mères, avec, en vidéo, la Palestinienne Reem Al Hajajreh et l’Israélienne Yael Admi, ses initiatrices.

Se feront aussi entendre les voix d’enfants du The Gaza Singing chantant pour la paix, accompagnés de leur professeur de musique Ahmed Muin et de l’artiste sonore genevoise Julie Semoroz. Ahmed Muin utilise la musique pour aider les enfants palestiniens déplacés et traumatisés à faire face à la guerre et à la dévastation. «Ces enfants connaissent les drones, pas les oiseaux… Pourtant, c’est très impressionnant, ils ne cèdent pas au désespoir», remarque René Longet. (cath.ch/lb)

Journée internationale de la conscience
Célébrée tous les 5 avril, elle a été adoptée en 2019 par l’Assemblée générale des Nations Unies, à l’initiative du Royaume de Bahreïn.
Elle met en lumière le rôle vital de la conscience en tant que force directrice dans la réalisation de la paix mondiale, de la tolérance et du respect mutuel. Elle souligne le pouvoir de la réflexion éthique et de la bienveillance pour relever les défis du monde. Elle invite les individus, les communautés et les sociétés à promouvoir le dialogue, à cultiver l’empathie, à respecter la dignité humaine, à contribuer au développement durable et à favoriser la coexistence pacifique entre les différentes cultures.
Par cette célébration annuelle, les Nations Unies veulent rappeler que la responsabilité collective, la conscience morale et la solidarité sont des fondements essentiels pour construire un monde plus harmonieux, plus juste et plus inclusif. LB

Lucienne Bittar

Portail catholique suisse

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