Selon Michael Bustamente, directeur du département d’études cubaines de l’Université de Miami, «ce n’est pas la première fois que les autorités cubaines font un geste de ce type (…) à la veille d’une fête religieuse comme Pâques».
La Havane avait déjà annoncé à la mi-mars la libération à venir de 51 prisonniers sous l’égide du Vatican, un canal de dialogue régulier entre Cuba et les États-Unis. La dernière médiation de l’Église catholique remonte à 2025. Le gouvernement cubain s’était engagé auprès du Vatican à libérer 553 prisonniers. Et en 2010, l’Église catholique avait obtenu de Raul Castro (2006-2018) la libération de quelque 130 prisonniers politiques.
Le communiqué du gouvernement de Cuba souligne ainsi que cette nouvelle grâce est la cinquième qu’il accorde depuis 2011. Plus de 11’000 personnes en ont déjà bénéficié. Il précise que les prisonniers libérés ont purgé «une partie importante de leur peine» et ont «fait preuve d’une bonne conduite en prison». Parmi eux figurent «des jeunes, des femmes, des personnes âgées de plus de 60 ans». Ont été écartés « les récidivistes et les multirécidivistes », ainsi que les prisonniers condamnés pour agression sexuelle, corruption de mineurs, assassinat, homicide, trafic de drogue, vol avec violences ou délits contre l’autorité, entre autres.
Cette libération intervient quelques jours après que le président américain Donald Trump a desserré le blocus pétrolier contre Cuba en autorisant un pétrolier russe à livrer du brut à l’île. Depuis plus de deux mois, les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur de La Havane, sont interrompues et l’administration Trump menace de sanctionner tout pays qui enverrait du pétrole à Cuba.
Le blocus a plongé les 9,6 millions d’habitants de l’île dans une situation économique encore plus catastrophique qu’elle ne l’était déjà, illustrée par de nombreuses coupures d’électricité, dont une panne de plus de 24 heures entre les 16 et 17 mars 2026.
La crise énergétique pourrait se transformer en crise humanitaire, a averti l’ONU le 26 mars, proposant un plan d’aide d’urgence à Cuba estimé à 94 millions de dollars. Francisco Pichon, coordinateur de l’ONU à Cuba, a précisé que ce plan doit servir à maintenir en fonctionnement les services essentiels destinés aux personnes les plus vulnérables du pays et ainsi «sauver des vies».
Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, les hôpitaux cubains peinent en effet à maintenir leurs services d’urgence et de soins intensifs. «Des milliers d’interventions chirurgicales ont été reportées au cours du dernier mois, et des personnes ayant besoin de soins, des patients atteints de cancer aux femmes enceintes se préparant à l’accouchement ont été mises en danger». (cath.ch/ag/arch/lb)
Lucienne Bittar
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