Désarçonnés, les disciples ont besoin de se rassembler pour comprendre – et digérer – ce qui est arrivé. Ils se retrouvent donc ce soir-là, toutes portes verrouillées ; on les comprend… La peur et l’incompréhension règnent en maître en leur cœur : ils ont perdu leur proche, leur maître et ami !
Et là, Jésus vient… et se tient au milieu des disciples enfermés. Comment pourraient-ils croire qu’il est ressuscité ?
Mais, alors que le soir tombe, un Jour nouveau se lève, le premier de la semaine dont ils se souviendront toujours ; malgré les portes verrouillées : « Jésus vient. Il était là au milieu d’eux ».
« La paix soit avec vous »
En leur montrant ses mains et son côté, les deux endroits blessés, transpercés, Jésus révèle que les traces des blessures reçues restent, mais il va les conduire au-delà… Jésus offre à ses disciples ce dont ils manquent totalement : sa présence et sa paix. Il les remet en route, les envoyant, comme lui-même a été envoyé par son Père.
Le pardon et la paix sont plus forts que le mal commis ou reçu et les blessures ! Comme pour rejoindre les deux côtés de leur humanité, Jésus leur dit par deux fois : « La paix soit avec vous ».
« Le Souffle a donné vie à l’être humain; le Souffle de Jésus donne vie aux disciples et au monde »
Ma mission – et dès lors la vôtre – ne s’arrête pas ici et maintenant : accueillez ma paix et poursuivez la mission que j’ai reçue du Père ! Un souffle d’amour se communique…
Et Jésus donne le pouvoir pardonner en transmettant ce Souffle de Vie : avec et par mon Souffle, votre amour et votre pardon pourra dépasser tous les obstacles, être plus fort que tout ce qui bloque l’amour, que tout ce qui empêche d’aimer et de pardonner. Comme le Souffle Créateur a donné vie à l’être humain, le Souffle de Jésus donne Vie, Souffle, Paix, Pardon aux disciples et, par eux, au monde qui en a bien besoin…
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Mais Thomas était absent ! Comment croire alors, sans avoir vu et entendu ? Comme un enfant, il veut voir et toucher, sinon, pense-t-il, il ne pourra pas croire. Huit jours plus tard, la foi de Thomas est bien plus grande qu’il le pensait : Jésus revient et l’invite à avancer son doigt, à voir ses mains transpercées et à mettre sa main dans son côté – sur son cœur – transpercé lui aussi…
Et là – sans avoir besoin de toucher – Thomas confesse sa foi, et elle est grande : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».
Son expérience offre à chacun la possibilité d’entrer dans la béatitude du croyant en devenant le jumeau de Thomas qui croit sans avoir vu. Sa proclamation est la plus claire de tout l’Évangile de Jean : elle manifeste la divinité de Jésus – Seigneur et Dieu – et le lien qui les unit mon Seigneur et mon Dieu.
« … pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom »
Le récit de Jean aurait pu s’arrêter là… L’Évangéliste poursuit en exprimant le but et la finalité des signes posés dans cet Évangile : « afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu » et « pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom ».
Nous sommes conduits d’un don à l’autre : croire et avoir la Vie ; accueillir la Vie du Fils de Dieu et son Souffle ; reconnaître et proclamer sa foi.
Que cette rencontre du Premier jour de la semaine fasse de nous tous des créatures nouvelles, façonnées par l’Amour et le Pardon du Christ : son Souffle !
Nicole Lechanteur | Vendredi 10 avril 2026
Jn 20, 19-31
C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.
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