Les Indiens et les Noirs veulent une fête différente

B 5e centenaire de la découverte du Brésil par les Portugais en 1500

Sao Paulo, 20 avril 1999 (APIC) Les Brésiliens sont appelés à fêter l’an prochain le 500e anniversaire de la «découverte» du Brésil par les Portugais. Pour les peuples indiens, le mouvement noir, et autres groupes qui font partie du «Comité 500 ans», cette découverte, le 22 avril 1500, reste une affaire de Blancs. De plus envahisseurs et cupides. Elle ne peut être, d’aucune façon, une bonne nouvelle qui puisse être fêtée.

Ce 22 avril, disent ils, «a été le début d’une histoire violente et inhumaine qui continue de nos jours». Nous voulons à cette occasion exposer nos divergences, claires et précises. Des revendications reprises par la Campagne intitulée «Brésil: 500 ans de résistance indienne, noire et populaire» qui est lancée actuellement dans tout le Brésil durant la semaine des peuples indiens du 18 au 24 avril.

«Cette histoire violente a concerné, en premier lieu, les 5 millions d’habitants d’Indiens (dont 970 peuples différents) qui habitaient sur place quand débarquèrent les premiers Portugais. Une autre violence soumit de force des millions d’esclaves, arrachés à l’Afrique noire, achetés par les grands propriétaires terriens pour couper la canne à sucre et faire tourner les usines. Et au pays de Minas Gerais pour extraire les minéraux précieux. L’esclavage dura plusieurs siècles pour n’être officiellement aboli qu’en 1888. Il continue aujourd’hui, sous d’autres formes, dans des secteurs populaires marginalisés et appauvris».

«La brutalité du génocide indien, poursuit le manifeste de la Campagne, a été menée sans honte par les colonisateurs venus d’Europe. Ces derniers sont responsables de l’extermination de peuples entiers. La barbarie esclavagiste a également tragiquement meurtri les peuples africains. En sacrifiant et désintégrant familles et communautés. La cruauté qu’elle engendra se poursuivi durant des siècles sur le territoire brésilien.

Une relecture différente de l’histoire

Les participants du Comité des «500 ans, parmi lesquels on trouve divers organismes pastoraux catholiques dont la Commission pastorale de la Terre (CPT) et le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI) veulent faire une lecture différente de l’histoire à partir de ceux qui ont souffert les pires effets de la «découverte» du Brésil. Le manifeste écrit: «Nous ne croyons pas une histoire écrite par les classes dominantes et qui se sont toujours présentées comme protagonistes uniques et comme vainqueurs incontestés, en présentant leurs personnages fameux comme des ’héros’ dans une version mystificatrice et fausse du processus historique».

Une fête différente

Les participants de la Campagne ne veulent pas seulement mettre au pilori les crimes des «conquistadores». Indiens, Noirs et personnes du milieu populaire veulent aussi faire la fête et se réjouir: célébrer la résistance de leurs ancêtres durant des siècles. En rappelant les exemples de créativité et de volonté pour trouver un territoire libre et indépendant comme le fameux «Quilombo dos Palmares». (apic/dak/ba)

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