«Je ne veux pas d’un pape qui pense qu’il est acceptable que l’Iran possède l’arme nucléaire», a écrit Donald Trump. Le président américain a fait entendre que les prises de position du pontife sur le conflit au Moyen-Orient étaient à l’origine de son agacement. «Je ne veux pas d’un pape qui pense qu’il est terrible que l’Amérique ait attaqué le Venezuela», a poursuivi Donald Trump. Il a assuré que ce pays envoyait «des quantités massives de drogues» et des «meurtriers» aux États-Unis.
Le 267e pape a appelé à plusieurs reprises à la paix depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Le 7 avril, en sortant de sa résidence de Castel Gandolfo, il avait jugé «inacceptable» une menace de Donald Trump contre le peuple iranien. À propos de l’intervention américaine au Venezuela, le pontife a appelé à plusieurs reprises au «respect de la volonté du peuple».
«Je ne veux pas d’un pape qui critique le président des États-Unis», a ajouté l’ancien magnat de l’immobilier dans son message. «Je fais exactement ce pourquoi j’ai été élu, par une victoire écrasante», s’est-il justifié. Donald Trump a expliqué qu’il «préférait son frère Louis», car le frère aîné du pape serait «totalement MAGA [NDLR: Make America Great Again, le slogan de Donald Trump]».
Faisant référence au conclave, Donald Trump a affirmé que Léon XIV «devrait être reconnaissant» car il a été choisi seulement «parce qu’il était américain» et que l’Église pensait que «ce serait la meilleure manière de gérer le président». «Si je n’étais pas à la Maison Blanche, Léon ne serait pas au Vatican», a-t-il affirmé.
Cet agacement du président des États-Unis semble aussi lié à une audience accordée par le pontife américain à David Axelrod, ancien conseiller de Barack Obama, le 9 avril dernier. Ce dernier fait partie de «ceux qui voulaient faire arrêter les fidèles et les membres du clergé» à l’époque de la pandémie de Covid-19, selon Donald Trump. D’après certains médias américains, cette audience accordée à David Axelrod pourrait être une première étape vers une visite au Vatican de l’ancien président Obama, qui a exprimé son souhait de rencontrer Léon XIV.
Le président américain a conseillé au pape de se «ressaisir» et de «faire preuve de bon sens» en cessant de plaire à la gauche. «Cela lui nuit énormément et, plus important encore, cela nuit à l’Église catholique», a-t-il conclu. Donald Trump a accompagné cette publication d’une illustration réalisée par IA. Il y est représenté de façon christique, guérissant un homme représentant le peuple américain.
La conférence épiscopale américaine, l’USCCB, a publié un communiqué peu après ce message de Donald Trump. Mgr Paul Coakley, président de l’USCCB qui avait été reçu à la Maison Blanche le 12 janvier, s’y dit «consterné» par «les paroles désobligeantes» du président des États-Unis à l’égard du 267e pape. «Le pape Léon n’est pas son rival», a-t-il affirmé, rappelant qu’il était «le vicaire du Christ qui parle selon la vérité de l’Évangile et pour le salut des âmes». Interrogé par I.MEDIA au sujet du message de Donald Trump, le Saint-Siège n’a pour le moment pas réagi.
Le 12 avril 2026, trois cardinaux américains se sont exprimés pendant 60 minutes sur la chaîne CBS. Blase Cupich, archevêque de Chicago, Robert McElroy, archevêque de Washington et Joseph Tobin, archevêque de Newark, ont déploré certains aspects de la politique du président Trump. Les cardinaux se sont inquiétés notamment du manque d’objectifs clairs de l’opération en Iran, des risques de propagation du conflit, ainsi que de la banalisation de la guerre, rapporte Crux. Ils ont également critiqué l’action de la police de l’immigration (ICE) pour sa dimension «déshumanisante» et «illégale» au vu de la Constitution. (cath.ch/imedia/cz/ag/rz)
I.MEDIA
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